21 juin 2018

Tout s’explique

Fin du service Autolib’ en région parisienne

Pourquoi le service Autolib’ est-il abandonné en Île-de-France ?

Le syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM), qui réunit des élus de Paris et d’Île-de-France, a adopté cet après-midi une délibération mettant fin au contrat noué en 2011 avec le groupe français Bolloré pour le service de voitures électriques en libre-service Autolib’, qui devait courir jusqu’en 2023. Cette décision doit entraîner l’arrêt du service dans les prochains jours. Le syndicat mixte refuse de payer les 233 millions d’euros que le groupe Bolloré lui réclame pour compenser son estimation du déficit jusqu’à la fin du contrat. Le SAVM affirme ne pas vouloir maintenir « un service déficitaire et dont la qualité tend depuis plusieurs mois déjà à se dégrader ». Le SAVM dit étudier de nouvelles solutions de voitures en libre-service. Disponible dans 103 communes, Autolib’ compte 150 000 abonnés, selon la société du groupe Bolloré, Autolib’, qui gère le service.

Comment s’explique ce déficit ?

Le groupe Bolloré s’appuie sur une clause du contrat signé en 2011 qui précisait que le syndicat devait prendre en charge toutes les pertes supérieures à 60 millions d’euros. Selon ses prévisions, le déficit cumulé atteindra 293 millions d’euros d’ici 2023, d’où sa demande de dédommagement. Le groupe Bolloré dit avoir alerté le syndicat à plusieurs reprises depuis trois ans de la « dégradation financière d’Autolib’ résultant notamment de la concurrence des VTC et du déploiement de stations trop ambitieux ». En 2016, le groupe Bolloré avait proposé la fermeture de 166 stations non rentables. Le syndicat conteste l’estimation du déficit, s’appuyant sur un audit du cabinet d’études EY présenté la semaine dernière au Conseil de Paris. Cet audit estime également que le groupe Bolloré a établi des « prévisions trop optimistes » concernant l’utilisation du service à la signature du contrat.

Comment fonctionnent les autres services de voitures en libre-service ?

Le service Autolib’ créé en 2011 était le premier service de voitures électriques en libre-service au monde. Son mode de fonctionnement a depuis été déployé par le groupe Bolloré dans des villes comme Los Angeles, Singapour et Turin, mais aussi à Lyon, avec le service Bluely depuis 2013, et à Bordeaux, avec le service BlueCub depuis 2014. Contrairement à Autolib’ en Île-de-France, les deux autres services français sont plus restreints et concentrés dans le centre des deux métropoles. Bluely compte 101 stations et BlueCub en possède 80, contre 1 100 en Île-de-France pour Autolib’. Alors que le SAVM avait opté pour une délégation de service public à Bolloré, Bluely et BlueCub sont des initiatives privées exclusivement à la charge de Bolloré qui doit assumer seul un éventuel déficit.