22 juin 2018

Tout s'explique

Accord sur la dette grecque

Que prévoit l’accord conclu entre la Grèce et ses créanciers ?

Les 19 ministres des Finances de la zone euro ont décidé dans la nuit de mettre fin aux plans d’aide accordés à la Grèce depuis 2010. L’accord prévoit la fin de la mise sous tutelle de la Grèce par ses créanciers, la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI), à partir du 21 août, ce qui permettra au pays de se tourner à nouveau vers les marchés financiers. La Grèce aura jusqu’en 2069, 10 ans de plus que prévu jusqu’ici, pour rembourser la dette de 96 milliards d’euros contractée auprès du Mécanisme de stabilité européen (MES), l’organisation permettant de venir en aide aux pays de la zone euro rencontrant des difficultés financières. Elle ne paiera également ni intérêt ni capital sur cette somme jusqu’en 2033, soit également 10 ans de plus que prévu. En contrepartie, le pays devra se soumettre à un audit de ses comptes publics quatre fois par an jusqu’en 2022 par la Commission européenne et le MES.

Pourquoi l’UE était-elle venue en aide à la Grèce ?

L’Union européenne a apporté son aide à la Grèce à trois reprises depuis 2010. En octobre 2009, le nouveau Premier ministre, Giorgos Papandréou, annonçait un déficit public à 12,7 % du PIB, au lieu des 6 % annoncés par le précédent gouvernement, et une dette publique équivalente à 115 % du PIB. Ces chiffres ont occasionné des difficultés pour le pays à se financer sur les marchés financiers, le conduisant en avril 2010 à demander l’aide de l’Union européenne et du FMI. Les pays membres de la zone euro ont accordé en urgence un premier plan d’aide de 80 milliards d’euros, en échange d’un engagement de la Grèce à mettre en place une série de réformes. La Grèce a bénéficié d’un second plan d’aide en 2012 de la part des pays membres de la zone euro et du FMI, d’un montant de 130 milliards d’euros, puis d’un troisième en 2015, d’un montant de 86 milliards d’euros, accordé par les pays de la zone euro.

Quelles réformes ont été menées en Grèce à la demande de ses créanciers ?

Pour obtenir l’intégralité des aides approuvées par ses créanciers, la Grèce a mis en place un grand nombre de réformes économiques. Dans un premier temps, elle a supprimé les 13e et 14e mois dans la fonction publique, augmenté la durée des cotisations pour la retraite et dérégulé certaines professions réglementées. Elle a également réduit le salaire minimal, supprimé des postes de fonctionnaires, augmenté les impôts, mis en place des privatisations, relevé l’âge de départ à la retraite et augmenté la TVA. La Grèce a renoué avec la croissance en 2017 après neuf années de récession. Le chômage, qui avait atteint un pic à 28 % de la population active en 2013, s’élevait à 20,6 % en janvier, selon l’institut de statistique européen Eurostat. Il est en moyenne de 8,5 % dans les pays membres de la zone euro.