26 juin 2018

Tout s'explique

Divisions européennes sur le traitement des migrants

Quel est le sort des différents navires qui secourent les migrants ?

Le navire Lifeline de l’ONG allemande Mission Lifeline pourra se rendre à Malte, a déclaré en début d’après-midi dans un communiqué le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, après un entretien téléphonique avec son homologue maltais. Le bateau a recueilli mercredi 234 migrants. Il fera l’objet « d’une enquête pour s’assurer de sa nationalité et du respect des règles du droit international par l’équipage », précise le communiqué, l’Italie accusant l’ONG d’être intervenue à la place des gardes-côtes libyens. Giuseppe Conte affirme que l’Italie « recevra une part des migrants ». Le porte-conteneurs danois Alexander-Maersk, transportant 108 migrants secourus vendredi, a accosté dans la nuit de lundi à mardi dans l’île italienne de Sicile. L’Aquarius, de l’ONG française SOS Méditerranée, est arrivé en Espagne le 17 juin, une semaine après avoir recueilli 630 migrants et s’être vu refuser l’accès aux ports italiens et maltais.

Que proposent les pays européens pour prendre en charge les migrants ?

Dimanche, 16 chefs d’État et de gouvernement européens se sont retrouvés à Bruxelles pour une discussion sur l’immigration, avant le Conseil européen prévu avec le reste de leurs homologues de l’UE jeudi et vendredi. Sans parvenir à une position commune, ils ont débattu de leurs propositions. Emmanuel Macron a souligné que les États avaient « réussi, par un travail conjoint, à réduire fortement les flux » depuis la crise migratoire de 2015. La France propose avec l’Espagne de créer des « centres fermés sur le sol européen dès le débarquement » des migrants, le temps que soit étudiée leur demande d’asile. L’Italie refuse cette solution et préfère mettre en place des « centres d’accueil et d’identification » au sud de la Libye, à sa frontière externe. Le Danemark et l’Autriche avaient proposé début juin de créer des « centres communs » hors de l’UE pour les déboutés du droit d’asile, voire les naufragés.

Quel changement réclame le ministre de l’Intérieur allemand ?

Le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, a posé le 18 juin un ultimatum à la chancelière Angela Merkel, lui demandant de trouver une solution européenne à l’accueil des migrants dans l’UE d’ici début juillet, sous peine de prendre un décret pour fermer les frontières allemandes aux demandeurs d’asile enregistrés dans un autre pays. Il souhaite ainsi mettre fin aux mouvements secondaires, c’est-à-dire au déplacement de ces demandeurs d’asile dans un autre pays que celui qui gère leur dossier. Dans une déclaration commune à l’issue de leur rencontre jeudi, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont affirmé vouloir résoudre cette question « en réduisant les incitations aux mouvements secondaires dans le nouveau règlement de Dublin », le texte qui établit les règles de la politique migratoire européenne et qu’ils souhaitent réformer.