29 juin 2018

Tout s’explique

Compromis européen sur la question migratoire

De quelle manière l’Italie a-t-elle fait pression sur les autres États européens ?

Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne ont signé tôt ce matin à Bruxelles un accord sur la question migratoire. Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, en poste depuis le début du mois, a refusé dans un premier temps d’approuver les conclusions auxquelles étaient arrivés dans la journée d’hier les dirigeants des 28 États sur la défense et le commerce en conditionnant sa signature à un accord sur les migrations. « Nous attendons des actes », avait-il déclaré hier en arrivant à Bruxelles, reprochant aux autres membres de l’UE de ne pas se montrer assez solidaires avec l’Italie, principal pays d’arrivée des migrants depuis la mer Méditerranée.

Qu’a-t-il été décidé pour les migrants secourus en mer ?

Le texte de l’accord résulte de la recherche d’un équilibre entre la solidarité européenne réclamée par l’Italie et le refus de recevoir davantage de migrants exprimé particulièrement par les pays d’Europe de l’Est, l’Autriche et une partie de la coalition au pouvoir en Allemagne. L’accord affirme ainsi que les personnes secourues en mer devraient être prises en charge « sur la base d’un effort partagé » dans des centres établis dans des États membres « uniquement sur une base volontaire », les pays refusant d’en accueillir devant participer au financement. Ces centres auront pour mission de décider quels migrants pourront prétendre à l’asile et lesquels devront être renvoyés vers leur pays d’origine.

Que propose l’accord pour traiter le cas des migrants hors d’Europe ?

Dans l’accord signé ce matin, les dirigeants des 28 États membres invitent la Commission européenne et le Conseil de l’Union européenne, qui représente les gouvernements des États membres, à « examiner sans tarder le concept de plateformes régionales de débarquement ». Ce dispositif consiste à regrouper les migrants cherchant à rejoindre l’Europe dans des centres situés en dehors du territoire de l’UE, au Maroc ou en Tunisie, par exemple, et à y décider lesquels pourraient obtenir l’asile dans l’un des États membres. Le texte propose que ces centres soient administrés en coopération avec l’ONU. L’ambassadeur de la Tunisie auprès de l’ONU la semaine dernière et le ministre marocain des Affaires étrangères hier se sont opposés à l’accueil de ces centres.