2 juillet 2018

Tout s'explique

Un président de gauche pour le Mexique

Pourquoi les élections au Mexique marquent-elles une alternance politique ?

89 millions d’électeurs étaient invités à voter hier au Mexique pour des élections présidentielle, législatives, régionales et municipales, afin de renouveler plus de 18 000 mandats. Le candidat de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador a remporté l’élection présidentielle (à un tour) avec plus de 53 % des voix, selon les résultats provisoires de l’Institut national électoral. Il s’agit du premier candidat de gauche élu président depuis 1929. Le candidat du PRI, formation de centre droit qui a gouverné le pays de 1929 à 2000 puis de 2012 à 2018, arrive troisième. Andrés Manuel Lopez Obrador prendra ses fonctions en décembre. Selon les résultats provisoires, son parti, Morena, remporte également cinq postes de gouverneur sur les neuf en jeu.

Qui est Andrés Manuel Lopez Obrador ?

C’était la troisième fois consécutive qu’Andrés Manuel Lopez Obrador se présentait à une élection présidentielle. Âgé de 64 ans, il a commencé sa carrière politique au sein du PRI, avant de rejoindre le PRD, fondé par des militants du courant de gauche du PRI, qu’il a présidé pendant trois ans. En 2000, il a été élu maire de Mexico, où il a mené plusieurs politiques sociales comme la création d’un programme de pensions pour les personnes âgées ou une diminution des tarifs du métro. Il a démissionné de son poste en 2005 pour se présenter l’année suivante à l’élection présidentielle. Arrivé deuxième, il a contesté le résultat en organisant des manifestations à travers le pays. En 2014, il a fondé son propre parti, la formation sociale-démocrate Morena.

Quel programme défend-il ?

Andrés Manuel Lopez Obrador a fait campagne en mettant en avant la lutte contre la corruption et la violence. L’ONG Transparency International a classé en 2017 le Mexique 135e sur 180 pays en termes de corruption. Andrés Manuel Lopez Obrador a promis de mettre en place un « gouvernement austère, sans luxe ni privilèges » et de réduire jusqu’à 50 % les salaires des hauts fonctionnaires, dont le sien. L’an dernier, le pays a enregistré 23 101 homicides, selon les autorités, ce qui en a fait l’année la plus violente depuis les premières statistiques il y a 20 ans. Pour endiguer cette violence souvent liée aux affrontements entre les cartels de drogue, Andrés Manuel Lopez Obrador propose de soumettre à référendum une « amnistie » de certains narcotrafiquants. Il a déclaré hier vouloir nouer une « relation d’amitié et de coopération » avec les États-Unis, malgré les tensions récentes liées à la politique migratoire du président américain.