4 juillet 2018

Tout s’explique

Un plan pour préserver la biodiversité

Que propose Nicolas Hulot pour préserver la biodiversité en France ?

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a présenté cet après-midi son plan pour la sauvegarde de la biodiversité, c’est-à-dire la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes (au sein des espèces). Parmi les principales mesures, il envisage de mettre fin à l’utilisation de certains objets en plastique non biodégradable à usage unique, comme les pailles et les touillettes. Selon la Commission européenne, les produits en plastique à usage unique constituent 70 % des déchets marins. Nicolas Hulot a également annoncé la création ou l’extension d’ici la fin du quinquennat de 20 réserves naturelles nationales, la France en comptant actuellement 167. Les réserves naturelles sont des espaces protégés qui contribuent à la conservation d’espèces et de milieux.

À quel point la biodiversité est-elle en danger ?

Le site du ministère de la Transition écologique explique que le rythme actuel de disparition d’espèces ou de milieux naturels est « largement attribuable aux activités humaines », en raison de l’urbanisation, des transports, de la surexploitation d’espèces sauvages, des pollutions et du réchauffement climatique. Selon le rapport publié aujourd’hui par l’Observatoire national de la biodiversité (ONB), un projet participatif piloté par l’Agence française de la biodiversité, la France compte 94 371 espèces en métropole et 81 936 espèces en outre-mer. Or elle dénombre 1 518 espèces menacées, ce qui fait d’elle le sixième pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, un organisme rassemblant des ONG et des gouvernements. Selon l’ONB, seules 52 % des zones humides et 44,2 % des eaux de surface sont en bon état en France.

Qu’est-ce que l’artificialisation des sols ?

Le plan de sauvegarde pour la biodiversité vise également à ce qu’il n’y ait plus d’artificialisation nette des sols, en compensant les surfaces naturelles artificialisées par la remise à l’état naturel d’une surface équivalente. L’artificialisation représente un changement d’utilisation des sols, qui peut être irréversible. Selon l’organisme de statistiques européen Eurostat, les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis et les sols revêtus comme les routes, voies ferrées et parkings. Le ministère français de l’Agriculture y ajoute les chantiers, les terrains vagues et les espaces verts artificiels. Or cette artificialisation des sols engendre « une perte de ressources en sol pour l’usage agricole et pour les espaces naturels », précise le site du gouvernement. Selon un rapport de l’ONB publié en juin, entre 2006 et 2015, la France métropolitaine a perdu 590 000 hectares de terres agricoles et d’espaces naturels, soit l’équivalent du département de la Seine-et-Marne.