5 juillet 2018

Tout s'explique

Un rapport pointe les dangers du nucléaire en France

Quelles failles de sécurité le rapport pointe-t-il ?

La commission d’enquête parlementaire sur la sûreté (le fonctionnement normal) et la sécurité (la protection contre les actes malveillants) des installations nucléaires, mise en place à l’initiative de la députée LREM de la Somme Barbara Pompili, a présenté aujourd’hui son rapport. Celui-ci pointe le fait que les installations nucléaires françaises « n’ont pas été conçues pour résister à une agression de type terroriste ». Il souligne également le danger du recours massif aux sous-traitants, qui représentent 160 000 des 220 000 salariés de la filière. Ce recours « entraîne la dilution des responsabilités » et « des failles dans la culture de sûreté », affirme le rapport en mentionnant l’accident de Fukushima, au Japon en 2011, où de nombreux sous-traitants avaient quitté la centrale « estimant que la gestion d’un accident nucléaire n’était pas de leur compétence ». Le fournisseur d’électricité EDF a contesté le problème posé par le recours à la sous-traitance.

Quelles sont ses préconisations ?

Le rapport présente 33 propositions pour améliorer la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, dont la réduction du recours à la sous-traitance. Il suggère de renforcer le rôle de l’Autorité de sûreté nucléaire, une organisation indépendante qui agit au nom de l’État, en lui permettant de sanctionner les exploitants ne respectant pas les règles de sécurité. La commission d’enquête demande que les diffuseurs d’images satellites aient l’obligation de flouter les sites nucléaires. Elle souhaite rendre plus aléatoires les trajets des transports de matières radioactives pour éviter des actes malveillants. Elle réclame aussi la publication d’un programme prévisionnel des réacteurs à démanteler et souhaite que l’État se substitue aux exploitants pour établir l’échéancier s’ils ne remplissent pas cette mission.

Que prévoit le gouvernement concernant la production d’électricité nucléaire ?

La France est le premier pays au monde en nombre de réacteurs nucléaires en exploitation par habitant. Elle compte 58 réacteurs répartis dans 19 centrales. Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron s’était fixé pour objectif de passer de 75 % à 50 % d’électricité issue du nucléaire d’ici 2025, un objectif déjà inscrit dans la loi de transition énergétique de 2015. Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a toutefois annoncé en novembre qu’il serait « difficile » d’y parvenir à cette date, ou que cela se ferait au « détriment » des objectifs climatiques en maintenant en activité des centrales à charbon pour continuer à produire autant d’électricité. Il avait ensuite précisé en novembre que le gouvernement travaillait à une échéance autour de 2030-2035.