17 juillet 2018

Tout s'explique

L’UE et le Japon signent un accord de libre-échange

Que contient l’accord de libre-échange signé entre l’UE et le Japon ?

L’Union européenne et le Japon ont signé aujourd’hui un accord portant sur la création d’une zone de libre-échange, en négociation de mars 2013 à décembre 2017. Il prévoit à terme la fin des droits de douane sur 97 % des biens européens exportés. Le Japon s’engage à reconnaître plus de 200 indications géographiques (certifiant la qualité des produits agroalimentaires). En échange, il bénéficie d’un libre accès au marché européen pour son secteur automobile. Le texte doit être validé par les Parlements européen et japonais, avant une entrée en vigueur prévue en 2019. Pour la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, l’accord envoie un « signal fort » montrant que deux des plus grosses économies mondiales « continuent de croire au libre-échange et s’opposent à la fois à l’unilatéralisme et au protectionnisme ».

Que représentent les échanges entre l’UE et le Japon ?

Quatrième économie mondiale avec 127 millions d’habitants, le Japon est le sixième partenaire commercial de l’UE, elle-même le deuxième partenaire commercial du Japon, selon la Commission européenne. Les entreprises européennes y exportent chaque année 58 milliards d’euros de marchandises et 28 milliards d’euros de services. Actuellement, les droits de douane japonais, qui s’élèvent à près de 40 % sur la viande bovine, jusqu’à 40 % sur le fromage, jusqu’à 30 % sur le chocolat et à 15 % sur le vin, représentent environ un milliard d’euros par an. Selon la Commission européenne, l’accord « devrait accroître les exportations de biens et de services jusqu’à 24 % ». Estimant que « chaque milliard d’euros d’exportations européennes représente 14 000 emplois en Europe », elle affirme que l’accord peut contribuer à la sauvegarde ou à la création d’emplois.

Que prévoit l’accord concernant le respect de l’environnement ?

L’accord de libre-échange entre l’UE et le Japon contient un chapitre dédié au « développement durable », qui prévoit que les normes européennes en matière environnementale soient appliquées et que soit respecté l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015, qui vise à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport au niveau préindustriel. Deux ONG françaises de défense de l’environnement, la Fondation pour la nature et l’homme et l’Institut Veblen pour les réformes économiques, regrettent cependant dans un communiqué commun que le chapitre dédié au développement durable ne soit pas contraignant pour le maintien de cet accord de libre-échange et dénoncent « la fuite en avant d’une politique commerciale européenne qui aggrave la crise environnementale ».