19 juillet 2018

On fait le point

Un collaborateur de l’Élysée poursuivi pour violences

Le parquet de Paris a annoncé aujourd’hui l’ouverture d’une enquête préliminaire concernant Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Élysée et adjoint au chef de cabinet du président de la République, principalement chargé de la sécurité. L’enquête porte notamment sur des faits de « violences par personne chargée d’une mission de service public ». Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a déclaré avoir saisi aujourd’hui l’Inspection générale de la police nationale, chargée de veiller au bon fonctionnement de la police.

L’ouverture de l’enquête a été déclenchée après la publication, hier soir, d’un article du Monde identifiant dans une vidéo Alexandre Benalla [€], équipé d’un casque des forces de l’ordre, en train de frapper à terre un manifestant le 1er mai à Paris. Son supérieur hiérarchique, le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, explique au quotidien avoir autorisé à sa demande Alexandre Benalla à « participer à une intervention auprès de la Préfecture de police pour voir comment se gérait une grande manifestation, à l’occasion du 1er -Mai », à condition qu’il y joue un rôle d’« observateur ».

Ayant eu connaissance des faits reprochés à son collaborateur, Patrick Strzoda l’a mis à pied pendant 15 jours en mai, sans salaire, pour « comportement manifestement inapproprié » ayant « porté atteinte à l’exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République », selon un courrier consulté par Le Monde. Le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, a précisé ce matin que la sanction infligée à Alexandre Benalla lui avait été notifiée comme un « dernier avertissement avant licenciement » et qu’il avait depuis été « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président ».

Bruno Roger-Petit a annoncé qu’Alexandre Benalla était accompagné lors des faits par un autre collaborateur de l’Élysée, Vincent Crase, un « gendarme réserviste » également employé du parti La République en marche et « ponctuellement mobilisé » par le commandement militaire de la présidence. Le porte-parole de l’Élysée a expliqué qu’« ayant outrepassé son autorisation » d’assister au rassemblement comme observateur, au même titre qu’Alexandre Benalla, il avait également été sanctionné par une mise à pied de 15 jours avec suspension de salaire et que l’Élysée avait depuis « mis fin à toute collaboration » avec lui.