19 juillet 2018

On fait le point

La Turquie lève l’état d’urgence

La Turquie a levé aujourd’hui l’état d’urgence arrivé à expiration après avoir été en vigueur depuis deux ans dans le pays. Le président, Recep Tayyip Erdogan, l’avait instauré le 20 juillet 2016 après une tentative de coup d’État qui s’était déroulée dans la capitale, Ankara, et à Istanbul, la principale ville du pays. Initialement fixé à trois mois, l’état d’urgence avait depuis été prolongé à sept reprises, la dernière remontant au 19 avril.

Le régime de l’état d’urgence en Turquie permet au président d’avoir des pouvoirs renforcés. Il autorise la publication de décrets ayant valeur de loi. 35 ont été publiés en deux ans, ordonnant régulièrement des purges dans la fonction publique. Le 8 juillet, 18 000 militaires, policiers et autres fonctionnaires ont ainsi été limogés sans motif. Plusieurs associations et trois journaux ont été fermés. Au total, plus de 160 000 fonctionnaires ont été mis à pied en deux ans.

Un projet de loi visant à lutter contre le terrorisme et reprenant plusieurs mesures de l’état d’urgence sera prochainement débattu au Parlement turc, où le parti conservateur AKP, dirigé par Recep Tayyip Erdogan, dispose d’une majorité grâce à une alliance avec un parti nationaliste. À la tête du pays depuis 2001, d’abord en tant que Premier ministre, ce dernier a été réélu président fin juin. Il dispose de pouvoirs renforcés, grâce à une réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril.