24 juillet 2018

Tout s’explique

Des progrès dans la lutte contre le sida

Comment fonctionne le traitement préventif anti-VIH ?

L’agence de recherches française sur le sida ANRS, financée principalement par le ministère de la Recherche, a publié aujourd’hui les premiers résultats d’une étude qu’elle mène depuis mai 2017. Celle-ci vise à évaluer l’efficacité de la Prep, un traitement préventif contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), qui peut évoluer vers le sida. Disponible en comprimé, le traitement Prep peut être pris quotidiennement ou lors de périodes d’activité sexuelle. L’étude a constaté qu’aucun des 1 435 « volontaires séronégatifs présentant un haut risque d’infection par le VIH » qui ont suivi le traitement en Île-de-France n’a été contaminé au cours de l’expérimentation et qu’aucun effet indésirable n’a été enregistré. Le ministère de la Santé a autorisé le traitement Prep en 2016 en France. Il est disponible uniquement sur prescription médicale et remboursé par l’Assurance maladie.

Où en est l’épidémie de sida ?

Le programme des Nations unies dédié à la lutte contre l’épidémie de sida, Onusida, a estimé la semaine dernière qu’environ 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2017, dont 59 % avaient accès un traitement. Ce n’est que depuis 2016 que plus de la moitié des personnes porteuses du VIH ont accès à des soins, selon le programme. En 2017, 940 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida. Au total, l’Onusida évalue à 77,3 millions le nombre de personnes infectées par le VIH depuis le début de l’épidémie, dont le virus a été découvert au début des années 1980. Les nouvelles infections ont concerné 1,8 million de personnes en 2017, soit une baisse de 47 % par rapport à 1996, année qui a enregistré le plus d’infections. Malgré cette baisse, Onusida relevait l’an dernier que l’épidémie continuait de se développer en Europe de l’Est et en Asie centrale.

Quels moyens existent pour dépister le virus ?

Santé publique France, une agence du ministère de la Santé, estime que 6 000 personnes ont appris leur séropositivité en France en 2016. Durant l’année, 5,6 millions de tests sérologiques ont été réalisés en laboratoire. Ils représentaient 97,6 % des diagnostics, en plus des autotests vendus en pharmacie (1,4 % des diagnostics) et des tests rapides d’orientation diagnostique (1 % des diagnostics), disponibles dans des centres d’information et de dépistage. Ces derniers permettent d’avoir un diagnostic en 30 minutes et sont fiables jusqu’à trois mois après la prise de risque. Selon Santé publique France, 27 % des personnes ayant appris leur séropositivité en 2016 l’ont découvert à un stade avancé. L’agence estimait en novembre que 25 000 Français ignoraient qu’ils étaient séropositifs.