30 juillet 2018

Tout s'explique

Le parti au pouvoir réélu sans réelle opposition au Cambodge

Dans quel contexte se sont déroulées les élections législatives cambodgiennes ?

Le porte-parole du Parti du peuple cambodgien (PPC) a annoncé aujourd’hui que sa formation avait remporté l’intégralité des 125 sièges de l’Assemblée nationale du pays, à l’issue des élections législatives hier. Cela assure le maintien à son poste de l’actuel Premier ministre et dirigeant du PPC, Hun Sen. Selon la Commission électorale cambodgienne, la participation s’élève à 83 %. Les résultats définitifs doivent être officialisés d’ici le 15 août. Les élections se sont déroulées en l’absence de candidats du principal parti d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge, dissout en novembre par la Cour suprême après avoir été accusé par les autorités de vouloir renverser le gouvernement avec l’appui des États-Unis. Il avait remporté 44 % des suffrages lors des précédentes élections législatives en 2013.

De quelle façon le Premier ministre, Hun Sen, dirige-t-il le pays ?

Ancien soldat des Khmers rouges, Hun Sen, 65 ans, a participé au renversement en 1979 du régime totalitaire communiste aux côtés des Vietnamiens. Il a été au pouvoir, en tant que Premier ministre, de 1985 à 1993, puis sans interruption depuis 1998. Dès 1987, l’ONG Amnesty International a accusé son gouvernement d’être à l’origine de détentions arbitraires et de tortures envers des prisonniers politiques. Dans un rapport publié en janvier, l’ONG Human Rights Watch a estimé que son gouvernement avait « achevé de défaire le système démocratique déjà vacillant du pays », mettant en avant l’interdiction donnée à plusieurs personnes d’exercer une activité politique, la fermeture de plusieurs médias indépendants et l’instrumentalisation du système judiciaire.

Quelles sont les relations entre la Chine et le Cambodge ?

L’Union européenne et les États-Unis ont refusé d’envoyer des observateurs lors du scrutin, qu’ils estiment ne pas pouvoir être « légitime » en l’absence du principal parti d’opposition, et ont suspendu fin 2017 l’aide financière qu’ils accordaient au Cambodge pour l’organisation des élections. Le pays a pu en revanche compter sur le soutien financier de la Chine, qui investit chaque année davantage sur le territoire. La Chine est devenue l’an dernier le principal partenaire commercial du pays, selon l’ambassadeur chinois au Cambodge, avec 5 milliards de dollars de produits échangés, soit 22 % de plus qu’en 2016. Le Conseil pour le développement du Cambodge a annoncé l’an dernier que la Chine avait investi 16,2 milliards de dollars au Cambodge depuis 1994.