20 août 2018

Tout s'explique

Le Venezuela lance une série de réformes contre l’inflation

Quelles sont les réformes annoncées par le président vénézuélien ?

De nouveaux billets de banque sont entrés aujourd’hui en circulation au Venezuela afin de lutter contre l’inflation, qui devrait atteindre 1 000 000 % d’ici la fin de l’année selon une estimation réalisée par le Fonds monétaire international en juillet. La nouvelle monnaie, appelée « bolivar souverain », vaut 100 000 anciens bolivars. Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, avait annoncé fin juillet l’arrivée de ce bolivar souverain, qui est indexé sur le « petro », une monnaie électronique créée en février et dont il a expliqué que le cours serait lié aux réserves de pétrole du pays. Le bolivar souverain est l’un des axes des réformes détaillées vendredi par Nicolas Maduro. Ce plan prévoit de multiplier par presque 35 le salaire minimum et d’imposer des restrictions à l’achat de carburants, afin de limiter la contrebande.

Quelle est la situation économique du pays ?

Le Venezuela vit une crise économique qui s’est aggravée depuis la chute des prix du pétrole, à l’été 2014, soit un peu plus d’un an après l’élection de Nicolas Maduro. Principale ressource du Venezuela, le pétrole représente 90 % des exportations et 50 % des recettes budgétaires. L’effondrement de ce secteur entraîne un recul du produit intérieur brut (PIB), qui a baissé de 14 % en 2017, selon les estimations du FMI, après une chute de 16,5 % en 2016. Cette crise est amplifiée par les séries de sanctions prises par les États-Unis à l’encontre du Venezuela, notamment pour condamner les irrégularités constatées lors de la dernière élection présidentielle, en mai.

Quelles conséquences cette situation a-t-elle sur la population ?

Les Vénézuéliens peinent à acheter les denrées de première nécessité, qui se font de plus en plus rares du fait de la baisse des importations. Le pouvoir d’achat de la population a été fortement érodé par l’hyperinflation. Les Vénézuéliens sont de plus en plus nombreux à quitter leur pays pour fuir la misère et la répression de l’opposition. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, l’organisme des Nations unies chargé des migrations, les flux d’émigration sont passés de 700 000 en 2015 à environ 1,6 million en 2017. La Colombie est devenue le premier pays d’accueil pour ces migrants, suivie du Brésil. Samedi, deux camps de réfugiés vénézuéliens ont été incendiés par des habitants à Pacaraima, ville située dans le nord du Brésil, près de la frontière vénézuélienne. Le président brésilien, Michel Temer, a décidé hier l’envoi de 120 membres des forces de l’ordre pour tenter d’apaiser la situation.