22 août 2018

Tout s’explique

Donald Trump incriminé par son ancien avocat

Qu’a avoué l’ancien avocat de Donald Trump ?

Comparaissant devant un tribunal fédéral à New York, Michael Cohen, l’ancien avocat personnel du président américain, a déclaré hier sous serment qu’il avait acheté le silence de deux femmes prétendant avoir eu une liaison avec Donald Trump. Il a dit avoir agi « en coordination et sous la direction » de ce dernier et « dans le but d’influencer l’élection » présidentielle de 2016. Donald Trump avait précédemment nié avoir eu des liaisons avec ces femmes, une ancienne actrice pornographique et une playmate. Son avocat, Rudy Giuliani, avait déclaré que ces paiements visaient à protéger Donald Trump et sa famille et qu’ils n’étaient pas liés à la campagne électorale. Michael Cohen a également plaidé coupable de fraude fiscale. Largement utilisé aux États-Unis, le plaider coupable est une reconnaissance de culpabilité de la part d’une personne mise en accusation dans le but d’obtenir une réduction de peine.

Quel rôle a-t-il joué auprès du candidat ?

Avocat personnel de Donald Trump au sein de son entreprise, Michael Cohen avait continué à travailler avec lui pendant la campagne et à le conseiller à la Maison-Blanche. Il était aussi son homme de confiance, déclarant en 2017 au magazine Vanity Fair qu’il était prêt à « prendre une balle » pour le milliardaire. Selon son récit, c’est lui qui a négocié pour le compte de Donald Trump avec les deux femmes et avec un magazine pour empêcher la divulgation de leurs témoignages et a procédé aux versements de 130 000 et de 150 000 dollars. Il a expliqué avoir utilisé son argent personnel, avant d’être remboursé par le groupe fondé par Donald Trump. Michael Cohen a ainsi plaidé coupable pour avoir effectué des donations illégales dans le cadre de la campagne. Dans une autre affaire, Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump, a été reconnu hier coupable de fraude fiscale par un tribunal de Virginie.

Quel est le lien avec l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle ?

Les mises en accusation de Michael Cohen et de Paul Manafort découlent de l’enquête confiée au procureur spécial Robert Mueller sur des soupçons de collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie visant à faire basculer le résultat de l’élection présidentielle de 2016. Nommé en mai 2017, Robert Mueller a tout pouvoir pour enquêter sur d’autres infractions découvertes au cours de son travail. Des poursuites pénales sont possibles contre le président américain, mais le département de la Justice considère traditionnellement que celles-ci doivent attendre la fin de son mandat. Une éventuelle procédure de destitution suppose une « trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs » et s’appuie sur un vote de la Chambre des représentants, aujourd’hui à majorité républicaine.