23 août 2018

On fait le point

Le fonctionnement du Samu critiqué

François Braun, président de Samu-Urgences de France, le syndicat des professionnels des structures de médecine d’urgence, a contesté aujourd’hui une enquête du Point, publiée hier, sur les dysfonctionnements du Samu. Selon cette enquête, sur les 29,2 millions d’appels passés aux 101 centres en 2016, les opérateurs du Samu n’ont pas répondu à 4,6 millions d’appels, soit environ 16 %. En juillet, une information judiciaire (une enquête menée par un juge d’instruction) pour non-assistance à personne en péril a été ouverte sur la mort de Naomi Musenga, une jeune femme décédée après avoir été raillée par une opératrice du Samu en décembre 2017.

Selon François Braun, interrogé sur Franceinfo, les 4,6 millions d’appels représentent « la différence entre tous les appels qui sont présentés dans nos standards téléphoniques et tous les appels qui sont décrochés par des opérateurs du Samu ». Le chiffre comprend ainsi, selon lui, de nombreuses erreurs, de fausses numérotations ou d’appels « de poche », déclenchés sans intervention de l’utilisateur.

Le Service d’aide médicale urgente (Samu) est prévu en cas de besoin médical urgent. « Le Samu traite près de 25 millions d’appels par an, avec près de 800 000 sorties pour aller au chevet des patients », a déclaré en mai la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Interrogé ce matin par Europe 1, Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, considère qu’il est nécessaire de « recruter du personnel pour décrocher plus rapidement, et surtout sacraliser les appels du Samu vers l’urgence, et pas toutes les problématiques médico-psycho-sociales ».