24 août 2018

Tout s'explique

Le Royaume-Uni prépare un éventuel Brexit sans accord

Que prévoit le gouvernement britannique en cas d’absence d’accord sur le Brexit ?

Le gouvernement britannique a publié hier 25 notes techniques, les premières sur un total d’environ 80 prévues d’ici fin septembre, informant les citoyens et les entreprises des conséquences d’une possible absence d’accord avec l’UE pour organiser la sortie du pays de l’Union européenne. Parmi celles-ci, tous les échanges de biens se verraient appliquer les règles de l’Organisation mondiale du commerce et seraient soumis à des droits de douane, d’où des délais aux frontières pour procéder aux déclarations. Le gouvernement garantit que le pays disposerait de « six semaines supplémentaires » de réserves de médicaments au cas où leur importation serait affectée. Le ministre chargé du Brexit, Dominic Raab, a cependant écarté tout risque de pénurie alimentaire. Le coût des transactions en euros serait alourdi pour les citoyens et entreprises britanniques.

Quel est le calendrier des négociations ?

Dominic Raab a expliqué qu’une absence d’accord n’était pas le scénario souhaité par son gouvernement, mais qu’il devait être préparé. Il a dit chercher à « être honnête sur les risques » en « donnant des conseils » et en espérant en même temps « se montrer rassurant ». Si la sortie effective est programmée le 29 mars, les négociations doivent être terminées plusieurs mois avant pour laisser le temps aux parlements des pays membres de l’UE et du Royaume-Uni de l’approuver. Initialement, les négociateurs avaient prévu de boucler les négociations avant fin octobre. À l’issue d’une rencontre avec Dominic Raab, Michel Barnier, le responsable des négociations pour la Commission européenne, a déclaré mardi qu’il était nécessaire de parvenir à un accord « au plus tard » début novembre et que le gouvernement britannique et la Commission allaient désormais négocier « en continu ».

Où en sont les négociations ?

Après Michel Barnier début août, Dominic Raab a estimé hier que 80 % de l’accord de retrait était acquis. Les deux parties ont notamment trouvé en décembre 2017 des compromis sur le volet financier de l’accord et sur les droits des résidents britanniques dans l’UE et des ressortissants de l’UE au Royaume-Uni. Restent deux sujets majeurs sur lesquels les négociations bloquent : le statut de la frontière entre l’Irlande (membre de l’UE) et l’Irlande du Nord (appartenant au Royaume-Uni) et le futur accord commercial liant l’Union européenne au Royaume-Uni. Le 6 juillet, la Première ministre britannique, Theresa May, a présenté un plan prévoyant une « zone de libre-échange » avec l’UE pour les biens, des « arrangements différents » pour les services et la fin de la libre circulation des personnes. La Commission a depuis réaffirmé qu’elle refusait une libre circulation des biens sans celle des services et des personnes.