27 août 2018

Tout s'explique

Le gouvernement donne ses orientations pour le budget 2019

Qu’entraîne une suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires ?

Dans une interview publiée hier dans le JDD, le Premier ministre, Édouard Philippe, a dévoilé les principales mesures du projet de loi de finances pour 2019 que le gouvernement compte présenter au Parlement fin septembre. Le projet prévoit la suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires à partir de septembre 2019, promesse figurant dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Cette suppression permet d’augmenter les revenus nets obtenus en effectuant des heures supplémentaires, mais réduit les montants perçus par les organismes sociaux. Selon le Premier ministre, le surplus perçu par l’ensemble des salariés effectuant des heures supplémentaires représentera 2 milliards d’euros par an. Les heures supplémentaires avaient déjà été exonérées de ces cotisations, mais aussi défiscalisées, sous la présidence de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012.

Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il revoir le financement des arrêts-maladies ?

Afin de réduire les dépenses de la Sécurité sociale, le gouvernement envisage de revoir le financement des arrêts-maladies. Selon une note publiée mi-juillet par l’Assurance maladie, les versements d’indemnités journalières pour les arrêts-maladies ont augmenté de 4,6 % en un an. Actuellement, un salarié affilié au régime général n’est pas indemnisé lors des trois premiers jours d’arrêt-maladie, puis reçoit 50 % de son salaire brut par la Sécurité sociale à partir du quatrième. Saisie par le gouvernement, l’Inspection générale des affaires sociales préconise, dans un rapport dévoilé en partie par Les Échos début août, d’obliger les entreprises à participer directement au versement des indemnités journalières, ce qui incombe actuellement uniquement à la Sécurité sociale.

Que prévoit le projet pour les aides sociales ?

Édouard Philippe a annoncé que l’aide personnalisée au logement, les allocations familiales et les pensions de retraite ne progresseront que de 0,3 % par an en 2019 et 2020, tandis que d’autres seront augmentées davantage, comme le RSA, la prime d’activité, le minimum vieillesse et l’allocation pour les adultes handicapés. Les premières ne seront plus indexées sur l’inflation, ce qui permettait d’éviter une baisse du pouvoir d’achat des bénéficiaires en tenant compte de l’évolution des prix. L’institut national de statistiques Insee prévoyait dans une note publiée en juin une inflation de 1,8 % en 2018, contre 1 % en 2017. La fin de l’indexation de ces trois prestations sociales sur l’inflation est critiquée par l’opposition qui note, comme le porte-parole des Républicains Gilles Platret sur Franceinfo, qu’il s’agit de « mesures qui attaquent le pouvoir d’achat ».