28 août 2018

Tout s'explique

Nicolas Hulot démissionne du gouvernement

Pour quelles raisons Nicolas Hulot a-t-il démissionné ?

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé ce matin sur France Inter sa démission du gouvernement, affirmant ne plus vouloir « s’accommoder de petits pas ». Il a expliqué ne pas comprendre « comment après la conférence de Paris » sur le climat en 2015 et un « diagnostic imparable » sur le réchauffement climatique, « ce sujet est toujours relégué dans les dernières priorités ». Il s’est estimé « seul à la manœuvre » et a déploré le fait que les actions du gouvernement n’aient pas encore conduit à réduire les émissions de gaz effet de serre, à diminuer l’usage des pesticides ou à enrayer l’érosion de la biodiversité. Le Premier ministre, Édouard Philippe, l’a remercié pour son travail et a affirmé la « détermination totale » du gouvernement à « prendre en compte cette transition écologique ».

Quelles avancées a-t-il obtenues au sein du gouvernement ?

Au cours de ses 14 mois au gouvernement, Nicolas Hulot est parvenu à faire adopter plusieurs projets en faveur de la défense de l’environnement. Il a fait voter en décembre une loi programmant la fin de l’exploitation d’hydrocarbures sur le sol français d’ici 2040. Le gouvernement a abandonné en janvier le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, auquel il était opposé. La loi sur l’agriculture et l’alimentation, que les parlementaires doivent continuer à examiner en septembre, comporte l’obligation d’intégrer au moins 20 % de produits biologiques dans les menus des restaurants collectifs d’ici 2022. Début juillet, il a présenté un plan de sauvegarde de la biodiversité, qui prévoit la fin de l’utilisation de certains objets en plastique non biodégradable à usage unique, comme les pailles et les touillettes.

Que s’est-il passé lors de la réunion sur la chasse qui a précipité son départ ?

Nicolas Hulot a affirmé avoir mûri sa décision cet été, mais avoir pris sa décision hier soir, à l’issue d’une réunion portant sur une réforme de la chasse en France, « mais surtout importante pour la biodiversité », a-t-il souligné. Lors de celle-ci, il a constaté la présence de Thierry Coste, à la tête d’un cabinet de lobbying et conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), alors qu’il n’était pas invité. Pour Nicolas Hulot, sa présence est « symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir », ce qui pose un « problème de démocratie ». Au cours de la réunion, Emmanuel Macron a annoncé vouloir faire passer de 400 à 200 euros le prix du permis national de chasse, permettant de chasser sur tout le territoire. Ce permis est détenu par environ 10 % des 1,2 million de chasseurs français, selon la FNC, les autres utilisant un permis départemental.