29 août 2018

On fait le point

Polémique autour des migrants en Allemagne

Le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, a dénoncé aujourd’hui la publication d’un mandat d’arrêt émis par la justice allemande contre l’un des deux suspects du meurtre d’un Allemand de 35 ans commis dans la nuit de samedi à dimanche à Chemnitz, dans l’est de l’Allemagne. Ce document, couvert par le secret de l’instruction, a été diffusé sur la page Facebook d’un groupe d’extrême droite. Il révèle l’identité du suspect, un demandeur d’asile irakien de 22 ans. Le parquet de Dresde, capitale du Land de Saxe, où se situe Chemnitz, a ouvert une enquête.

Dimanche et lundi, plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées à l’appel du mouvement anti-islam Pegida pour dénoncer le meurtre commis dans la nuit de samedi à dimanche et avaient dénoncé « l’immigration de masse ». Plusieurs manifestants avaient pris à partie physiquement des étrangers. « Ces images de chasse à l’homme collective et ces manifestations de haine n’ont pas leur place dans un État de droit », a déclaré hier la chancelière allemande, Angela Merkel.

Les militants d’extrême droite critiquent la politique migratoire décidée par Angela Merkel en 2015. Le pays a accueilli plus de 1,3 million de migrants en trois ans. Cette politique lui a valu des critiques au sein de la coalition entre son parti, la CDU, et la CSU, son alliée bavaroise, des formations conservatrices toutes les deux. Elle a également favorisé l’essor du parti anti-immigration Alternative für Deutschland (AfD), qui a obtenu 12,6 % des voix aux élections législatives de septembre 2017 et fait son entrée au Parlement pour la première fois. Dans la Saxe, le parti a obtenu son meilleur score avec 27 % des voix.