31 août 2018

Tout s'explique

La Commission européenne propose la fin du changement d’heure

Pourquoi la Commission européenne veut-elle supprimer le changement d’heure ?

La Commission européenne a annoncé aujourd’hui qu’elle allait soumettre au Parlement européen et au Conseil européen, qui réunit les dirigeants des États membres, une proposition en vue de supprimer le changement d’heure dans les pays de l’UE. Si cette proposition est adoptée, les États membres seront libres de rester soit à l’heure d’été, soit à l’heure d’hiver, a précisé un porte-parole de la Commission. Cette dernière s’appuie sur les résultats d’une consultation en ligne menée en juillet et en août sur le sujet. 84 % des participants ont souhaité la fin du changement d’heure. Si 4,6 millions de réponses ont été reçues, le taux de participation varie fortement d’un pays à l’autre. Il est ainsi de 3,79 % en Allemagne et seulement de 0,59 % en France.

Quelle est l’origine du changement d’heure ?

En France, le changement d’heure a été instauré en 1976 à la suite du choc pétrolier, dans le but de faire des économies d’énergie. L’objectif est principalement de faire correspondre au mieux les heures d’activité avec les heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel. Il avait déjà été en vigueur en France entre 1917 et 1945. Pour éviter les divergences de calendrier, l’Union européenne a instauré une coordination des dates entre les États membres. Depuis 2002, en application d’une directive, tous les Européens avancent leur montre d’une heure le dernier dimanche de mars et la reculent d’une heure le dernier dimanche d’octobre. Regroupés en trois fuseaux horaires différents, les États membres sont libres d’utiliser celui de leur choix.

Quels sont les risques et les bénéfices du changement d’heure ?

« Le changement d’heure permet des économies en énergie et CO2 réelles mais modestes », estime sur son site l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, un établissement public, qui a mené plusieurs études sur le sujet. En 2010, elle estimait que les économies sur l’éclairage représentaient la consommation de 800 000 ménages. S’agissant de l’impact sur la santé, la Commission européenne précisait en introduction à son questionnaire en ligne que les « éléments de preuve » n’étaient pas « concluants », citant des effets positifs « liés à l’augmentation des activités de loisir en plein air » et des résultats d’études faisant état d’un impact négatif « sur le biorythme humain ». En 2016, la Délégation à la sécurité routière, rattachée au ministère de l’Intérieur, attribuait au changement d’heure un pic d’accidentalité de +40 % pour les piétons entre 17h et 19h les jours suivant le passage à l’heure d’hiver, qui fait arriver la nuit une heure plus tôt.