3 septembre 2018

Tout s'explique

Les conséquences de la candidature invalidée de Lula au Brésil

Pourquoi la candidature de Lula a-t-elle été invalidée ?

Le Tribunal supérieur électoral (TSE) du Brésil a invalidé dans la nuit de vendredi à samedi la candidature de Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, pour l’élection présidentielle du 7 octobre. Le président du Brésil de 2003 à 2011 purge depuis avril une peine de prison de plus de 12 ans. Il a été condamné en appel en janvier pour corruption et reconnu coupable d’avoir accepté un appartement de la part d’une entreprise de BTP en échange de contrats avec la compagnie pétrolière publique Petrobras. La formation de Lula, le Parti des travailleurs (PT), a dénoncé la décision du TSE, qui se base sur une loi interdisant à une personne condamnée en appel de se présenter à une élection. Le PT affirme que 145 candidats ont participé aux municipales de 2016 malgré une telle condamnation, dont 98 ont été élus.

Qui remplace Lula pour représenter le Parti des travailleurs ?

Le TSE a donné 10 jours au Parti des travailleurs pour choisir un remplaçant à Lula. Officiellement, la formation continue pour l’instant de le considérer comme son candidat, affirmant vouloir exercer tous les recours possibles. La Cour suprême doit étudier entre le 7 et le 13 septembre sa demande de libération. Candidat au poste de vice-président, Fernando Haddad, 55 ans, devait rencontrer aujourd’hui Lula en prison pour décider de la meilleure solution pour le parti. Ancien maire de Sao Paulo et ex-ministre de l’Éducation de Lula, Fernando Haddad est largement moins populaire que l’ancien président. Selon un sondage de l’institut brésilien Datafolha publié le 22 août, Lula était crédité de 39 % des intentions de vote, tandis que dans le cas d’un scénario sans Lula, la candidature de Fernando Haddad n’en recueillait que 4 %.

Quels sont les autres principaux candidats ?

Candidat du Parti social-libéral, une formation de droite, Jair Bolsonaro est deuxième dans les intentions de vote dans le cas d’une candidature de Lula, et premier dans le cas de son remplacement par Fernando Haddad, selon l’institut Datafolha. Ancien militaire de 63 ans, député depuis 1991 sous différentes étiquettes, Jair Bolsonaro défend des positions conservatrices et a tenu à plusieurs reprises des propos racistes ou homophobes. Il a exprimé son admiration pour la junte militaire au pouvoir de 1964 à 1985 et affirme être en faveur de la peine de mort et du port d’armes. Troisième dans les intentions de vote, Marina Silva, ancienne membre du PT et ancienne ministre de l’Écologie de Lula, est candidate pour le parti écologiste Rede. C’est la troisième fois qu’elle se présente à l’élection présidentielle, où elle était arrivée en troisième position en 2010 et 2014 avec environ 20 % des voix.