7 septembre 2018

C'est leur avis

Aung San Suu Kyi peut encore sauver sa réputation

Après la publication fin août d’un rapport commandé par l’ONU accusant l’armée birmane de « génocide » contre des Rohingyas, la Cour pénale internationale (CPI) s’est déclarée hier compétente pour enquêter sur l’exode au Bangladesh de cette minorité musulmane présente en Birmanie. Chercheur à Harvard, Azeem Ibrahim estime que c’est la dernière chance pour la dirigeante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi de sauver sa réputation.

« Cette crise ne sera pas résolue sans Suu Kyi. Elle a systématiquement fait les mauvais choix ces derniers mois, mais elle est maintenant en meilleure position pour réparer les fautes de son gouvernement qu’à n’importe quel autre moment de sa vie. Avec le rapport de l’ONU et la reconnaissance internationale qui l’accompagne, avec la détermination sans faille de la CPI pour enquêter sur la Birmanie et avec la popularité de Suu Kyi dans son pays, elle n’a jamais eu autant de leviers pour contrecarrer le pouvoir bien installé des militaires. […] C’est le moment pour elle de saisir cette occasion, pour elle-même, pour son pays et pour le peuple rohingya. » Azeem Ibrahim