11 septembre 2018

Tout s'explique

La Russie entame un exercice militaire d’ampleur avec la Chine

En quoi consiste l’exercice militaire russe ?

La Russie a commencé aujourd’hui un exercice militaire, qui doit durer jusqu’au 17 septembre, dans l’est du pays. Environ 300 000 soldats y participent, dont près de 3 500 soldats chinois. Plus de 1 000 avions, 80 bateaux, ainsi que 36 000 tanks et autres véhicules sont mobilisés. La Mongolie participe également à l’exercice. Les manœuvres militaires auront lieu sur terre, dans les airs ainsi que dans les mers de Béring, d’Okhotsk et du Japon. Il s’agit, selon le ministère russe de la Défense, de la plus grande manœuvre militaire menée par le pays depuis celle de 1981 qui avait mobilisé plus de 100 000 soldats soviétiques pendant la guerre froide. Le but principal des manœuvres est de « vérifier le niveau réel de préparation des unités qui ne peuvent être évaluées que lors d’exercices à l’échelle appropriée » a déclaré la semaine dernière Valeri Guerassimov, chef de l’état-major russe.

Pourquoi la Russie s’est-elle associée à la Chine pour le réaliser ?

La Chine et la Russie mènent régulièrement des exercices militaires conjoints depuis 2005. Selon le ministre chinois de la Défense, interrogé fin août lors d’une conférence de presse, le but de la participation chinoise à cet exercice est de « consolider et contribuer au développement de la coopération militaire stratégique entre la Chine et la Russie » et de « maintenir la paix et la sécurité dans la région ». Il a ajouté que ces manœuvres ne visaient « aucun tiers ». Mathieu Duchâtel, spécialiste de la Chine et des questions de défense au sein du centre de réflexion Conseil européen des relations internationales, explique au Monde que ces manœuvres démontrent « la convergence idéologique [€] entre les deux pays » : « Alors que le budget militaire américain pour 2019 évoque explicitement le danger que constituent la Russie et la Chine, ces deux pays indiquent aux États-Unis qu’ils entendent lui apporter une réponse commune. »

Quelles inquiétudes suscite cet exercice ?

L’un des porte-parole de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), l’alliance fondée en 1949 par des pays occidentaux pour faire face à la menace soviétique, a déclaré que ces manœuvres s’inscrivent « dans une tendance que nous voyons depuis un moment : une Russie plus sûre d’elle, qui augmente significativement son budget de Défense et sa présence militaire ». L’Otan, qui avait établi un partenariat avec la Russie à la chute du bloc soviétique, a mis fin à sa coopération avec le pays après son annexion de la région ukrainienne de Crimée en 2014. Dans une note mise à jour la semaine dernière, l’Otan énumère ses inquiétudes concernant les actions russes qui « nuisent à la stabilité ». En plus de son rôle en Ukraine, elle cite « les activités militaires provocatrices de la Russie à la périphérie du territoire de l’Alliance, de la mer Baltique à la mer Noire » et « les risques liés à son intervention militaire en Syrie ».