14 septembre 2018

C'est leur avis

Il faut affronter le passé

Emmanuel Macron a reconnu hier la responsabilité de l’État dans la mort du militant communiste Maurice Audin en 1957 en Algérie. Raphaëlle Branche, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Rouen, estime dans Le Monde que cette décision marque une volonté de ne pas oublier le passé de la France [€].

« Plus de 55 ans après la fin de la guerre, l’État français reconnaît qu’il a été responsable du fait que des hommes aient pu bafouer non seulement les droits de l’homme, mais l’ensemble des règlements et codes auxquels la France prétendait se tenir. Il reconnaît que c’est sur ordre que ces crimes ont été commis. […] À la fin de la guerre, une amnistie assura à tous les membres des forces de l’ordre un oubli définitif de leurs actions. Par cet acte, le président Macron ne revient bien sûr pas sur l’amnistie, mais il revient sur ce qui pouvait, à l’époque, avoir paru la justifier : la nécessité d’oublier. Bien au contraire, il affirme la nécessité de reconnaître et dès lors de savoir et d’affronter la vérité. » Raphaëlle Branche