20 septembre 2018

Tout s'explique

Le Premier ministre annonce un geste pour les retraités

Qu’a annoncé le Premier ministre ?

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé ce matin sur France Inter que 300 000 retraités, et non plus 100 000 comme il l’avait prévu en mars, ne seraient plus soumis à la hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG), entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Cette hausse concerne l’ensemble des salariés et environ 60 % des retraités, ceux dont la pension mensuelle est supérieure à 1 200 euros pour une personne seule et 1 875 euros pour un couple. Pour les salariés du secteur privé, la hausse de la CSG a été immédiatement compensée par la suppression de la cotisation maladie et par la baisse de la cotisation chômage. Celle-ci sera complètement supprimée à compter du 1er octobre. Selon le gouvernement, l’ensemble de ces changements se traduira par une hausse des salaires nets de 1,45 %, soit 16 euros par mois pour un salarié rémunéré au Smic.

Comment le pouvoir d’achat des retraités est-il impacté ?

Votée en 2017, la hausse de la CSG concerne 7,5 millions de retraités cette année. Elle n’est pas compensée comme pour les salariés et se traduit donc par une baisse des pensions. Par exemple, un retraité percevant une pension mensuelle de 1 400 euros subit une perte de revenus d’environ 24 euros par mois. Selon Édouard Philippe, l’annonce de ce matin concernera 300 000 retraités « sur plusieurs années », et donc pas forcément dès 2019. Elle représentera, selon le Premier ministre, un manque à gagner pour les finances publiques de 350 millions d’euros. Fin août, Édouard Philippe avait annoncé une autre mesure concernant les retraités : leurs pensions ne seront plus indexées sur l’inflation. Elles ne progresseront que de 0,3 % par an en 2019 et 2020, tandis que le taux d’inflation est actuellement de 2,3 %.

À quoi sert la CSG ?

La contribution sociale généralisée participe au financement de la Sécurité sociale et, depuis 2018, à celui de l’assurance chômage. Elle est prélevée sur tous les revenus : salaires, pensions de retraite, allocations chômage, indemnités maladie, revenus fonciers, revenus de placement, etc. En 1991, lors de sa création, son taux était de 1,1 % pour tous les types de revenus. Il a depuis été augmenté lors de chaque législature, d’une manière différente selon les revenus concernés. En 2018, le taux de CSG est par exemple de 6,2 % sur les allocations chômage et les indemnités maladie et de 9,9 % sur les revenus issus du patrimoine. La CSG est devenue le deuxième impôt en termes de recettes, derrière la TVA. Ses recettes se sont élevées à 99 milliards d’euros en 2017, contre 74 milliards pour l’impôt sur le revenu, selon l’organisation internationale d’études économiques OCDE.