21 septembre 2018

Tout s'explique

Blocage autour d’un accord pour le Brexit

Que reprochent les dirigeants européens au plan sur le Brexit ?

Les dirigeants européens ont rejeté hier, lors d’une rencontre à Salzbourg en Autriche, le plan de sortie du Royaume-Uni de l’UE proposé en juillet par la Première ministre britannique, Theresa May. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déclaré que ce plan menaçait « l’intégrité du marché unique ». Le Royaume-Uni souhaite en effet continuer d’y avoir accès pour les échanges de marchandises, mais ne plus appliquer la libre circulation des services et des personnes. Un autre désaccord subsiste sur le statut de l’Irlande du Nord. Theresa May refuse le rétablissement d’une frontière physique avec l’Irlande, afin de respecter les accords ayant mis fin au conflit nord-irlandais en 1998. Elle rejette également une solution temporaire proposée par l’UE passant par un maintien de l’Irlande du Nord dans l’union douanière.

Quelles sont les prochaines étapes avant le Brexit ?

Donald Tusk a précisé hier que le Royaume-Uni devrait apporter des progrès sur ces points de blocage lors de la prochaine rencontre du Conseil européen, qui réunit les dirigeants des États membres de l’UE, prévue le 18 octobre. Si ceux-ci sont suffisants, alors un autre sommet sera organisé en novembre pour « finaliser » l’accord, a-t-il ajouté. La date butoir fixée pour le Brexit est le 29 mars 2019. Theresa May a déclaré cet après-midi à Londres vouloir toujours négocier un accord, mais a affirmé que l’UE aurait dû faire des « contre-propositions » plutôt que de rejeter son plan. Un éventuel accord devra être validé par les Parlements européen et britannique. Si ces étapes ne sont pas remplies avant fin mars, le Royaume-Uni sortira de l’UE en abandonnant tous les attributs associés au statut d’État membre et sans avoir négocié une future relation commerciale avec l’UE.

Quelles difficultés rencontre Theresa May dans son pays ?

Deux membres du gouvernement britannique ont démissionné début juillet lors de l’annonce du plan proposé par Theresa May, arguant que celui-ci mettait le Royaume-Uni « dans une position de faiblesse dans les négociations » : le ministre du Brexit David Davis et le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson. Cette double démission illustre les dissensions au sein du Parti conservateur dirigé par Theresa May, dont le congrès annuel s’ouvre le 30 septembre. Certains considèrent qu’un accord avec l’UE est indispensable avant la sortie, tandis que d’autres estiment que le plan proposé par Theresa May est trop accommodant pour l’UE. Theresa May a répété cet après-midi qu’une absence d’accord serait préférable à un mauvais accord. Or elle a besoin d’un parti soudé autour de sa proposition, en vue d’un possible vote sur l’accord au Parlement.