24 septembre 2018

C'est leur avis

Une Europe solidaire et un marché européen

En clôture jeudi du sommet réunissant les dirigeants européens à Salzbourg, en Autriche, Emmanuel Macron s’en est pris aux pays qui acceptent les avantages de l’Union européenne, mais en refusent les contraintes. Le correspondant à Bruxelles de Libération, Jean Quatremer, y voit les prémices d’une Europe à deux vitesses.

« Vous ne voulez pas accueillir de demandeurs d’asile ? Alors vous pouvez oublier Schengen. Vous contestez les valeurs européennes ? Alors vous vous passerez de l’argent européen ! […] La Commission a déjà proposé, au printemps dernier, qu’à partir de 2021, l’octroi des aides européennes (jusqu’à 4 % du PIB des pays d’Europe de l’Est) soit conditionné au respect de l’État de droit. Emmanuel Macron et Angela Merkel vont plus loin en demandant que la libre circulation de Schengen soit réservée aux seuls pays qui respecteront la politique commune d’immigration et d’asile, une politique qui pourrait devenir une “coopération renforcée”. Ce qui reviendrait de facto à créer deux Europe. L’une solidaire, l’autre limitée à un simple marché. » Jean Quatremer