2 octobre 2018

Tout s'explique

La France prend des mesures contre l’Iran

Quelle décision l’État a-t-il prise concernant l’attentat déjoué de Villepinte ?

Un arrêté publié aujourd’hui au Journal officiel annonce le gel pendant six mois des avoirs de deux ressortissants iraniens, ainsi que de ceux de la direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du Renseignement. Ces mesures visent à répondre à une tentative d’attentat le 30 juin à Villepinte (Seine-Saint-Denis), contre le rassemblement annuel de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, un groupe d’opposants au régime iranien. Cette tentative d’attentat, révélée début juillet, a pu être déjouée grâce à l’arrestation à Bruxelles d’un couple belge d’origine iranienne en possession d’explosifs. Ils étaient en contact avec un diplomate iranien soupçonné d’être le commanditaire de l’attentat et interpellé en Allemagne. Le ministre des Affaires étrangères iranien a nié aujourd’hui toute implication de son pays dans cette tentative d’attentat et a appelé à la libération immédiate de son diplomate.

Qui sont les Moudjahidine du peuple ?

L’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) a été créée en 1965 pour lutter contre le shah d’Iran, le chef de l’État, renversé en 1979 au cours de la révolution qui a amené les islamistes au pouvoir. L’OMPI s’est ensuite opposée au nouveau régime. L’organisation réclame l’instauration d’un pouvoir démocratique et laïque dans le pays. Elle s’oppose également aux interventions étrangères de Téhéran. Son président, Massoud Radjavi, s’est enfui pour la France en 1982. Il a disparu en 2003 dans des circonstances non élucidées. Son épouse, Maryam Radjavi, est à la tête du Conseil national de la résistance iranienne, qui se considère comme un Parlement en exil. En janvier, le président iranien, Hassan Rohani, a demandé à Emmanuel Macron de prendre des mesures contre les activités en France de l’organisation, qu’il considère comme un « groupe terroriste ».

À quelles autres accusations de terrorisme l’Iran fait-il face ?

Les États-Unis estiment depuis 1984 que l’Iran est un soutien du terrorisme. Dans ses derniers rapports annuels sur le terrorisme, le département d’État américain affirme même qu’il s’agit du principal État finançant et commandant des activités terroristes dans le monde. Selon ce rapport, l’Iran soutient le mouvement politique et armé Hezbollah au Liban, des « groupes terroristes palestiniens à Gaza », comme le Hamas, ainsi que d’autres groupes présents en Syrie, en Irak et au Moyen-Orient, notamment par le biais de son armée d’élite, les Gardiens de la révolution. En 1997, un tribunal allemand avait émis un mandat d’arrêt international contre le ministre du Renseignement iranien, soupçonné d’avoir commandité l’assassinat de quatre opposants kurdes iraniens en 1992 à Berlin.