3 octobre 2018

Tout s'explique

Gérard Collomb quitte le ministère de l’Intérieur

Dans quelles circonstances Gérard Collomb a-t-il démissionné ?

L’Élysée a accepté hier soir la démission du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Le président de la République l’avait refusée lundi, mais le ministre a annoncé hier qu’il maintenait sa volonté de départ pour se consacrer à la ville de Lyon. Il en a été le maire de 2001 à son entrée au gouvernement en 2017 et il souhaite y être candidat aux élections municipales de 2020. Son successeur à la mairie de Lyon, Georges Képénékian, a présenté hier soir sa démission pour permettre son retour. Au ministère de l’Intérieur, une passation de pouvoir a eu lieu ce matin entre Gérard Collomb et le Premier ministre, Édouard Philippe, qui va assurer l’intérim. Dans Le Figaro, Christian Delporte, professeur d’histoire à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, estime que cette solution provisoire « montre qu’Emmanuel Macron n’a pas de solution de rechange immédiate pour un ministère si délicat, celui qui sait tout sur tout le monde, qui organise les élections, qui doit aussi donner confiance aux Français ».

Quel a été son rôle auprès d’Emmanuel Macron ?

Issu du Parti socialiste, Gérard Collomb a été l’un des premiers soutiens politiques importants d’Emmanuel Macron. En mai 2016, le maire de Lyon déclarait sur BFMTV qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, était « le seul qui voit que la France a changé » et qu’il était « capable de réunir la France ». Le mois suivant, la mairie de Lyon accueillait une réception autour d’Emmanuel Macron rassemblant 600 personnalités lyonnaises. Nommé ministre de l’Intérieur après l’élection présidentielle, Gérard Collomb est resté proche du chef de l’État jusqu’à ces derniers mois. En juillet, il a rejeté sur la présidence de la République et la préfecture de police la responsabilité de l’affaire Benalla, du nom d’un chargé de mission de l’Élysée filmé en train de violenter des manifestants le 1er mai à Paris. En septembre, il a déclaré sur BFMTV que l’exécutif avait « peut-être » manqué « d’humilité ».

Quel a été son bilan au ministère de l’Intérieur ?

L’une des premières missions de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur était de mettre fin à l’état d’urgence décrété au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 en faisant voter une loi permettant d’en conserver certaines dispositions. Promulguée le 30 octobre 2017, celle-ci permet aux préfets de procéder à la fermeture administrative temporaire de lieux de culte pour apologie du terrorisme. Elle donne également la possibilité au ministre de l’Intérieur de limiter les déplacements de personnes soupçonnées de représenter une menace grave pour la sécurité et l’ordre publics. En juin 2017, lors de sa première interview après sa nomination au ministère de l’Intérieur, Gérard Collomb avait déclaré au Parisien qu’en matière de politique migratoire, l’essentiel était de « tarir les flux d’arrivées ». La loi sur l’asile et l’immigration a été adoptée le 1er août, malgré l’abstention de huit députés La République en marche. Elle réduit de 120 à 90 jours le délai dont disposent les migrants pour déposer une demande d’asile et facilite la reconduite à la frontière des personnes dont le dossier est rejeté. Elle vise en revanche à traiter les dossiers plus rapidement.