5 octobre 2018

On fait le point

La Russie accusée de cyberattaques

La France a exprimé hier soir « sa pleine solidarité » avec « ses alliés », en particulier le Royaume-Uni et les Pays-Bas, et « avec les organisations internationales » victimes d’attaques informatiques attribuées à des agents russes. Dans un communiqué publié hier, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, avait accusé les services de renseignement militaire russes de mener des cyberattaques contre des institutions politiques et sportives, des entreprises et des médias à travers le monde. Les services de cybersécurité britanniques citent notamment le piratage de la base de données de l’Agence mondiale antidopage (AMA) en septembre 2016 ou encore une attaque informatique contre l’aéroport d’Odessa (Ukraine) en octobre 2017.

Parallèlement, les Pays-Bas ont annoncé hier avoir déjoué en avril une attaque contre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye et avoir expulsé quatre agents russes, dont l’implication est jugée « extrêmement inquiétante » par le gouvernement néerlandais. L’OIAC enquête notamment sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie par le régime de Bachar el-Assad et sur la tentative d’empoisonnement au Royaume-Uni de Sergueï Skripal, un ancien agent double issu des services secrets russes.

La justice américaine a inculpé hier sept agents des services de renseignement russes pour conspiration en vue de pirater des ordinateurs et de dérober des données. Ils sont soupçonnés d’avoir participé aux attaques ayant visé l’AMA et d’autres instances dans le domaine du sport telles que le Comité international olympique, la Fédération internationale de football (Fifa) ou l’agence antidopage américaine.

En 2016, des pirates regroupés sous le nom « Fancy Bear » (« ours chic ») avaient publié des documents confidentiels de l’AMA contenant des données médicales de plusieurs athlètes comme les joueuses de tennis américaines Serena et Venus Williams ou le cycliste britannique Christopher Froome, montrant qu’ils avaient bénéficié de dérogations pour utiliser certains produits à des fins thérapeutiques. Selon le directeur général de l’AMA, ces fuites de données piratées constituaient « des représailles » face aux mesures prises par cette agence dans sa lutte contre le dopage en Russie.