5 octobre 2018

On fait le point

Un prix Nobel partagé pour dénoncer les violences sexuelles

Le comité Nobel norvégien a remis aujourd’hui le prix Nobel de la paix au médecin congolais Denis Mukwege et à Nadia Murad, qui a témoigné des violences faites aux femmes yézidies en Irak. L’organisation a salué « leurs efforts pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ». Depuis sa création en 1901, le prix Nobel de la paix a déjà été remis plus d’une vingtaine de fois à plusieurs personnalités ou organisations la même année.

Le gynécologue Denis Mukwege a été salué pour sa pratique de la chirurgie réparatrice auprès de femmes victimes de mutilations génitales ou de viols collectifs commis au cours des conflits en République démocratique du Congo. En 1999, il a pris la direction de l’hôpital de Panzi, implanté à Bukavu, la capitale de la province congolaise du Sud-Kivu. L’établissement s’est spécialisé dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles et plusieurs milliers de femmes y ont été opérées. Pour ce travail, Denis Mukwege avait déjà reçu le prix des droits de l’homme des Nations unies en 2008.

Nadia Murad fait partie de la communauté yézidie d’Irak, une minorité religieuse persécutée et devenue en 2014 la cible du groupe État islamique lorsqu’il s’est implanté en Irak. Les djihadistes ont tué de manière systématique des hommes, enrôlé de force des jeunes garçons et réduit à l’esclavage sexuel des femmes. Nadia Murad a subi un tel sort, étant vendue, mariée de force, battue et violée. Elle est parvenue à s’échapper fin 2014 et alerte depuis sur le sort réservé aux femmes yézidies. Les autorités irakiennes estiment qu’environ 3 000 femmes yézidies sont toujours portées disparues, probablement encore captives.