9 octobre 2018

Tout s'explique

Le FMI revoit à la baisse la croissance mondiale

Que prévoit le FMI concernant la croissance mondiale ?

Le Fonds monétaire international (FMI) a présenté aujourd’hui son rapport biannuel, dans lequel l’organisation internationale évalue l’économie mondiale. Cette institution chargée de garantir la stabilité financière y revoit ses prévisions de croissance à la baisse pour 2018 et 2019, par rapport à celles faites dans son rapport d’avril : un taux de 3,7 % sur ces deux années, au lieu de 3,9 %. Elle justifie notamment ces nouvelles prévisions par la hausse des droits de douane à laquelle se sont livrés les États-Unis et la Chine. Cela « crée une situation dans laquelle tout le monde va souffrir », a déclaré Maurice Obstfeld, le directeur des études du FMI. L’organisation signale qu’un taux de croissance mondiale de 3,7 % correspond néanmoins au niveau observé en 2017 et qu’il s’agit donc d’une stagnation, à un niveau par ailleurs supérieur à « n’importe quelle année entre 2012 et 2016 ».

Quelles menaces pèsent sur les pays émergents ?

Le FMI s’inquiète des perspectives économiques pour certains pays émergents ou en développement, « où les conditions financières se sont durcies de manière prononcée au cours des six derniers mois ». Les raisons sont liées au relèvement des taux directeurs de certaines banques centrales. L’organisation pointe surtout le rôle joué par la Réserve fédérale américaine, qui a relevé fin septembre son taux directeur pour la troisième fois de l’année, renforçant davantage le cours du dollar. Cette situation a découragé les entrées de capitaux et a affaibli les monnaies locales dans des pays comme l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil et la Turquie, qui cumulent d’autres facteurs augmentant l’incertitude des investisseurs. Elle peut déboucher sur une crise de financement, si les obligations émises par l’État pour financer la dette publique sont massivement délaissées par les investisseurs.

Contre quoi le FMI met-il en garde dans le cas d’une nouvelle crise économique ?

10 ans après la faillite de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, qui a entraîné une crise financière mondiale, le FMI s’inquiète des capacités de réaction des gouvernements dans le cas où surviendrait une nouvelle crise ou une récession. Les « mécanismes de coopération multilatérale » en matière de commerce « doivent être renforcés », affirme l’institution. Elle explique aussi que les gouvernements disposent de moins de marges de manœuvre budgétaires et monétaires pour faire face à une crise mondiale qu’il y a 10 ans, en raison de l’augmentation des dettes publiques et du maintien de taux d’intérêt bas dans de nombreux pays. Pour pallier cette situation, elle recommande aux États d’adopter des « réformes structurelles qui dynamisent les entreprises et le marché du travail ». Elle leur conseille également de contrecarrer la croissance ralentie des salaires ou la mobilité sociale réduite.