22 octobre 2018

Tout s'explique

Trump menace de sortir d’un accord nucléaire avec la Russie

Que reprochent les États-Unis à la Russie ?

Le président américain, Donald Trump, a menacé samedi de retirer les États-Unis du traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé en 1987, parce qu’il estime que « depuis plusieurs années », « la Russie a violé l’accord » en produisant des armes interdites par ce texte. Il compte ainsi « mettre fin à l’accord et en sortir », à moins que la Russie et la Chine interviennent pour dire qu’aucun des trois pays « ne doit développer ces armes ». Donald Trump reproche à son prédécesseur, Barack Obama, de n’avoir rien fait pour négocier avec la Russie ou pour sortir de l’accord. Le département d’État américain, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères, considère depuis 2014 dans chacun de ses rapports annuels sur le traité que la Russie ne le respecte pas. Début octobre, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), a déclaré être « préoccupée par le non-respect de la Russie de ses engagements internationaux », y compris le FNI.

Dans quel contexte le traité FNI avait-il été signé ?

Le traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire a été signé en 1987 par les présidents américain et soviétique, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Il s’agit du premier accord de désarmement nucléaire, qui a mis fin à la crise dite des « euromissiles » après plusieurs années de pourparlers entamés en 1980. Au cours des années 1960 et 1970, pendant la Guerre froide, les deux pays, ainsi que leurs alliés, avaient déployé de nombreuses armes permettant de viser l’autre camp. Le texte exige leur destruction dans les trois ans après sa signature et la renonciation définitive au recours à des missiles balistiques et de croisière lancés depuis le sol. La portée de ces projectiles est comprise entre 500 et 5 500 kilomètres et ils peuvent être équipés de charges aussi bien explosives que nucléaires.

Comment réagissent les dirigeants politiques à cette annonce ?

Emmanuel Macron s’est entretenu hier par téléphone avec Donald Trump, à qui il a rappelé « l’importance de ce traité, en particulier pour la sécurité européenne ». Le gouvernement allemand a « regretté » hier l’annonce américaine et affirmé qu’elle devait « faire l’objet de discussions entre tous les partenaires de l’Otan ». Le porte-parole de la présidence russe a déclaré aujourd’hui que « des initiatives de ce genre, si elles sont mises en œuvre, rendront le monde plus dangereux », affirmant que « la Russie reste attachée à ce traité ». Il a déclaré attendre des « explications » de la part de l’exécutif américain. L’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, signataire du traité, a estimé hier qu’il ne fallait « en aucun cas rompre les anciens accords sur le désarmement », ajoutant qu’il s’agirait d’un « manque de sagesse ».