25 octobre 2018

Tout s'explique

Les bourses mondiales dévissent

Quelles pertes ont subi les différentes bourses ?

La Bourse de New York, aux États-Unis, a clôturé en fort recul hier. Après plusieurs semaines de baisse, le Dow Jones et le S&P 500, les principaux indices boursiers américains, ont désormais perdu tout ce qu’ils avaient gagné depuis le début de l’année. Les bourses japonaise, hongkongaise, sud-coréenne ou encore australienne ont elles aussi clôturé en recul. Cette dégradation s’est propagée aux principales bourses européennes. Le CAC 40, l’indice parisien, a ainsi ouvert en légère baisse après avoir enregistré, sur le mois d’octobre, un recul de 10 %. Pour expliquer la fébrilité des bourses, les analystes de l’entreprise d’investissement Aurel BGC soulignent, dans plusieurs notes, les « publications de résultats d’entreprise jugés médiocres » et l’attitude la banque centrale américaine, « prête à freiner l’activité économique au moindre signe d’augmentation significative de l’inflation ».

Pourquoi Donald Trump accuse-t-il la Fed ?

Le 10 octobre, le président américain, Donald Trump, a déclaré que la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine, était « folle ». Il critique le fait qu’elle ait augmenté ses taux directeurs le 26 septembre, pour la troisième fois de l’année, et par conséquent le coût des emprunts bancaires pour les ménages et les entreprises. Selon Donald Trump, cette politique est à l’origine de la chute des marchés boursiers puisque les investisseurs se tournent vers la bourse quand les taux directeurs sont bas et donc peu rémunérateurs, mais reviennent vers les emprunts d’État américains quand les taux remontent. La Fed a justifié ces relèvements successifs par la solidité de la croissance américaine, le plein emploi et la nécessité de prévenir l’inflation.

Quelles sont les inquiétudes sur la croissance chinoise ?

Dans leur note, les analystes d’Aurel BGC ont mis en avant « les inquiétudes sur la croissance mondiale, notamment en Chine ». Vendredi, le Bureau national des statistiques chinois a annoncé que le PIB avait progressé de 6,5 % au troisième trimestre, soit sa plus faible performance depuis le premier trimestre 2009, en pleine crise financière mondiale. Ce ralentissement s’explique par la politique de désendettement menée par le pays et par l’affrontement commercial qui l’oppose aux États-Unis. Depuis mars, les deux États augmentent leurs droits de douane respectifs, rendant plus chères les importations. Si la Chine a contribué à la croissance de l’économie mondiale depuis 2009, elle ne la « sauvera pas une nouvelle fois », affirme dans une tribune publiée par le quotidien L’Opinion Christopher Dembik, responsable de la recherche économique pour la filiale française de la banque danoise Saxo Bank.