26 octobre 2018

Tout s'explique

L’aciérie Ascoval en difficulté

Pourquoi les salariés de l’usine Ascoval manifestent-ils ?

Plusieurs dizaines d’employés de l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord) ont bloqué ce matin les entrées d’une usine de leur actionnaire Vallourec, l’un des principaux fabricants mondiaux de tubes pour le transport de gaz et de pétrole, à Aulnoye-Aymeries (Nord). Ils reprochent à Vallourec de faire obstacle au projet de reprise de leur usine de 281 salariés par le groupe franco-belge Altifort. Ce dernier a demandé que Vallourec maintienne pendant 18 mois son volume de commandes à l’usine, mais le fabricant de tubes estime que cela représenterait une dépense de 51 millions d’euros qui est « contraire à la préservation des intérêts du groupe », alors que celui-ci enregistre des pertes nettes chaque année depuis 2014. Mardi, le tribunal de commerce de Strasbourg a reporté au 7 novembre sa décision sur la reprise ou la liquidation judiciaire de l’aciérie Ascoval.

Quelles ont été les dernières interventions de l’État dans la sidérurgie ?

« L’État, aux côtés des collectivités locales, est prêt à prendre sa part de l’effort financier pour une solution crédible et pérenne », a déclaré mardi Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie. Les deux prédécesseurs d’Emmanuel Macron à l’Élysée ont été confrontés aux difficultés du secteur. En 2008, Nicolas Sarkozy avait déclaré aux ouvriers de l’usine d’ArcelorMittal à Gandrange (Moselle) que l’État était prêt à prendre en charge « tout ou partie de l’investissement de modernisation ». L’aciérie a néanmoins fermé en mars 2009. En 2012, sous la présidence de François Hollande, le gouvernement a passé un accord avec ArcelorMittal pour sauver l’usine de Florange (Moselle). Le groupe industriel s’est engagé à investir 180 millions d’euros sur cinq ans et les 629 salariés concernés par les suppressions de postes ont principalement été reclassés dans l’entreprise ou ont bénéficié d’un départ en retraite.

Quelle est la situation de l’industrie de l’acier en France ?

L’industrie de l’acier a fortement subi l’impact de la crise économique mondiale de 2008. La demande s’est fortement réduite. Selon l’association Eurofer, qui rassemble les entreprises européennes du secteur, la production européenne d’acier a baissé de 20 % en 10 ans. Ces difficultés ont des conséquences sur l’emploi. Le nombre de salariés de la métallurgie en France a chuté de 17 % entre 2008 et 2017, soit une perte d’environ 80 000 emplois, selon l’institut national de statistiques Insee. « La sidérurgie a mieux résisté en Allemagne », expliquait en janvier au Figaro Jeroen Vermeij, directeur d’analyse de marché et des études économiques chez Eurofer, notamment parce que « ce pays compte davantage d’industries consommatrices d’acier ». L’emploi dans le secteur de l’acier en Europe est toutefois reparti à la hausse en 2017 (+1,2 %) pour la première fois depuis 2010, selon Eurofer.