26 octobre 2018

C'est leur avis

Des hashtags qui bousculent la politique

De nombreux enseignants ont partagé des témoignages sur les réseaux sociaux avec le mot-clé « #pasdevague », reprochant aux chefs d’établissement de minimiser ou de camoufler des incidents avec les élèves. Le journaliste Vincent Glad estime dans Libération que ce type de mots-clés bouscule médias et dirigeants politiques en leur révélant des phénomènes de société.

« Le succès de ce hashtag en rappelle un autre, dans un tout autre domaine. Il y a un an, le hashtag #MeToo braquait une lumière crue sur le problème des agressions sexuelles. Même mécanisme que #pasdevague : des témoignages courts, puissants, édifiants, décrivant un extraordinaire devenu tristement ordinaire. Sur ces hashtags, chaque histoire, prise isolément, n’a pas eu le retentissement d’un “fait divers” susceptible d’être repris dans la presse, mais rassemblés en un seul lieu par le mot-dièse, ces récits font système. Ces récits isolés n’en sont plus, les faits divers deviennent faits de société. Les hashtags de mobilisation sont une anaphore collective, la même expression répétée jusqu’à produire un effet rhétorique de sidération, prompt à réveiller l’apathie politique et médiatique. » Vincent Glad