29 octobre 2018

Tout s'explique

Jair Bolsonaro élu président au Brésil

Qui est Jair Bolsonaro ?

Le candidat ultraconservateur Jair Bolsonaro a remporté hier le second tour de l’élection présidentielle brésilienne, avec 55,1 % des voix, contre 44,9 % pour son adversaire Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs, une formation de gauche au pouvoir au Brésil de 2003 à 2016. Jair Bolsonaro, 63 ans, est un ancien militaire et député depuis 1991 sous différentes étiquettes. Lors de l’annonce des résultats, Jair Bolsonaro a promis de gouverner « en suivant la Bible et la Constitution » et a déclaré vouloir mettre fin au « socialisme, au communisme, au populisme et à l’extrême gauche » dans le pays. Il a promis de nommer plusieurs militaires à des postes de ministre. Il souhaite réinstaurer le port d’arme pour les civils afin de garantir leur « légitime défense », privatiser de nombreuses entreprises publiques, supprimer le salaire minimum et sortir de l’ONU. Il a tenu à plusieurs reprises des propos racistes, misogynes ou homophobes.

De quels pouvoirs dispose le président brésilien ?

Selon la Constitution brésilienne, le président brésilien est élu pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Chef d’État et de gouvernement, il nomme lui-même les membres de son gouvernement. C’est également lui qui nomme les juges du Tribunal suprême fédéral, la plus haute instance judiciaire du pays, avec l’approbation du Sénat. Il est le commandant en chef des forces armées. Le président brésilien peut proposer des lois au Congrès et dispose d’un droit de veto sur la plupart de celles qu’adopte le Congrès. Ce veto ne peut être rejeté que par un vote à la majorité absolue. Le Congrès a le pouvoir de le destituer notamment en cas de corruption. À l’issue des élections législatives partielles qui ont eu lieu le 7 octobre, le parti de Jair Bolsonaro ne dispose pas d’une majorité au Congrès, ce qui obligera ce dernier à nouer des alliances pour faire appliquer son programme.

Quel rôle les réseaux sociaux ont-ils joué durant la campagne ?

Selon une enquête publiée le 18 octobre par le quotidien brésilien Folha de Sao Paulo, plusieurs entreprises ont financé l’envoi de messages hostiles au Parti des travailleurs sur les réseaux sociaux. Selon le quotidien, des sociétés privées favorables à Jair Bolsonaro ont noué des contrats avec des agences spécialisées dans les campagnes sur les réseaux sociaux, afin d’envoyer massivement ce type de messages sur WhatsApp. Le Parti des travailleurs et une formation de centre gauche ont saisi le Tribunal supérieur électoral, évoquant un possible « crime électoral ». Celui-ci a depuis ouvert une enquête. Ces pratiques, dont le lien avec Jair Bolsonaro doit être établi, ont nourri une campagne marquée par l’absence de débat télévisuel permettant de confronter les arguments des deux candidats qualifiés pour le second tour. Jair Bolsonaro, poignardé début septembre au cours d’une réunion électorale, a invoqué à plusieurs reprises sont état de santé pour expliquer son refus d’y participer.