30 octobre 2018

C'est leur avis

Une revanche de classe au Brésil

Élu dimanche face à Fernando Haddad, du Parti des travailleurs, le candidat ultraconservateur Jair Bolsonaro occupera le poste de président du Brésil à partir du 1er janvier. Interviewé par La Dépêche, le professeur d’histoire et spécialiste du Brésil Richard Marin estime que ce résultat s’explique par une revanche de classe.

« La campagne qu’il a menée a été d’une telle violence qu’elle a désinhibé une partie des Brésiliens et a fait ressurgir finalement toute une série de pulsions, de pensées qui n’avaient pas beaucoup d’espace pour s’exprimer dans les années Lula. […] Une partie des couches moyennes supérieures ont senti, avec la crise, un déclassement et en même temps elles n’ont jamais supporté qu’entre 20 et 30 millions de Brésiliens aient été promus socialement sous les années Lula. Il y a une sorte de revanche de classe qui s’est jouée. Elle est explicite dans la géographie électorale du premier comme du second tour de la présidentielle. Les neuf États du nord-est, les plus pauvres, ont voté Haddad, le Brésil riche a voté Bolsonaro. » Richard Marin