31 octobre 2018

Tout s'explique

Appel à la fin des hostilités au Yémen

Qui réclame l’arrêt de la guerre au Yémen ?

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, James Mattis, a appelé hier lors d’une conférence à Washington à mettre fin aux hostilités au Yémen, où une guerre civile a lieu depuis 2015, et à ouvrir des négociations de paix « d’ici 30 jours » en Suède, encadrées par les Nations unies. Sa déclaration a été suivie par un communiqué du secrétaire d’État américain (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères), Mike Pompeo. Il réclame l’arrêt des tirs de missiles depuis les zones contrôlées par les rebelles houthis afin que, « par la suite », les frappes aériennes menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, dont font partie les États-Unis, cessent « dans toutes les zones peuplées » du pays. La ministre française de la Défense, Florence Parly, a elle aussi appelé hier à ce que « cette guerre cesse ».

Qu’est-ce qui l’avait déclenchée ?

La guerre civile au Yémen oppose des insurgés houthis aux forces loyalistes. Les Houthis sont originaires principalement du nord-ouest du pays. Ils sont membres d’un mouvement politique et religieux appartenant au courant zaydite, une branche minoritaire de l’islam chiite, alors que le reste du pays est majoritairement sunnite. Les zaydites représentaient 42 % des 27 millions d’habitants du Yémen en 2016, selon The Gulf/2000 Project, un projet de recherche sur les pays du Golfe persique financé notamment par l’Université de Columbia aux États-Unis. Les Houthis se considèrent victimes de discriminations de la part du gouvernement, qu’ils ont affronté à plusieurs reprises depuis 2004. En 2015, ils se sont emparés de la capitale Sanaa, d’où s’est enfui le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui s’est réfugié en Arabie saoudite. Le pays a alors apporté son soutien militaire aux forces loyalistes.

Quel impact cette guerre a-t-elle sur les civils ?

Parmi les civils, la guerre a fait près de 6 600 victimes et en a blessé plus de 10 000, selon un bilan établi en août par l’ONU. Mais elle a également un impact indirect sur la population, ayant conduit à une situation de crise sanitaire. L’an dernier, une épidémie de choléra a fait plus de 2 200 morts selon l’ONU. La semaine dernière, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU a déclaré que près de 14 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population yéménite, étaient confrontées aux « conditions préalables à la famine », c’est-à-dire qu’elles dépendent « entièrement de l’aide extérieure pour leur survie ». En 2017, 130 enfants mouraient chaque jour de faim et de maladies extrêmes. Depuis 2015, le PIB a été divisé par deux et plus de 80 % de la population vit désormais en dessous du seuil de pauvreté.