2 novembre 2018

Tout s’explique

Un référendum pour définir le statut de la Nouvelle-Calédonie

Pourquoi la Nouvelle-Calédonie doit-elle voter sur son statut ?

Un référendum d’autodétermination se tiendra dimanche en Nouvelle-Calédonie pour définir le statut de cet archipel situé dans le Pacifique sud, colonisé par la France en 1853. Seules les personnes pouvant justifier d’une résidence continue dans l’archipel depuis fin 1994 pourront voter, soit 174 154 individus, sur 278 000 habitants. L’organisation de ce référendum est prévue depuis la signature d’accords en 1988. Il devait initialement se tenir 10 ans plus tard, mais il a été repoussé de 20 ans lors de la signature de l’accord de Nouméa en 1998. Celui-ci prévoit qu’en cas de victoire du non, un deuxième référendum puisse être organisé dans les deux ans si un tiers des membres du Congrès en font la demande, ainsi qu’un troisième dans les deux années suivantes en cas de nouveau non.

Quand sont apparues les revendications indépendantistes ?

La population autochtone de l’archipel, les Kanaks, a mené deux grandes révoltes contre les colonisateurs en 1878 et en 1917. À partir de la fin des années 1970, les revendications indépendantistes se sont multipliées. Leurs partisans se sont réunis au sein du Front indépendantiste, une coalition de différents mouvements fondée en 1979, qui visait à obtenir le maximum de sièges à l’Assemblée de l’archipel afin d’obtenir la souveraineté par le biais des institutions. Elle a été remplacée en 1984 par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). Celui-ci a instauré le « gouvernement provisoire de Kanaky », un exécutif parallèle. Il n’a été dissout qu’en 1988, après la signature d’accords avec le gouvernement français prévoyant ce référendum d’autodétermination. L’année 1988 avait été marquée par des affrontements sanglants culminant avec la prise d’otage de gendarmes par des indépendantistes à Ouvéa, un atoll situé à l’est de l’île principale.

De quelle autonomie la Nouvelle-Calédonie dispose-t-elle déjà ?

La Nouvelle-Calédonie fait l’objet d’un statut spécial qui lui est consacré dans la Constitution française, depuis l’adoption de l’accord de Nouméa en 1998. C’est une collectivité d’outre-mer à « statut particulier ». Elle dispose d’une large autonomie lui permettant d’avoir ses propres institutions : elle possède ainsi son gouvernement, un Congrès et un Sénat coutumier, défenseur de l’identité kanak. Elle peut voter ses propres lois, à l’exception de ce qui touche aux compétences régaliennes (justice, ordre public, défense, monnaie et affaires étrangères). L’État français demeure compétent également dans d’autres domaines, comme l’immigration ou l’enseignement supérieur. Il existe une « citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie », en plus de la citoyenneté française que possèdent les habitants.