2 novembre 2018

C’est leur avis

Ne pas s’acharner à sauver toutes les usines

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a estimé mercredi que l’offre de reprise formulée par le groupe Altifort était « une chance » pour l’aciérie d’Ascoval à Saint-Saulve (Nord). Il a précisé que l’État, les élus locaux et les salariés s’étaient donné un mois pour en régler les détails. L’éditorialiste des Échos Jean-Marc Vittori exprime des doutes sur le sauvetage des entreprises en difficulté.

« En France plus qu’ailleurs, on refuse les fermetures d’usine. On multiplie les efforts pour prolonger leur survie, souvent avec des fonds publics. Des équipes réduites tentent de relancer l’activité – lingerie Lejaby, sachets de thé Fralib, glaces Pilpa… Il y a évidemment d’excellents motifs de préserver des sites de production. Le maintien de l’emploi, la possibilité pour les ouvriers d’aller jusqu’à leur retraite, la vie des territoires. Mais il y a aussi de quoi douter. Dans l’immense majorité des cas, ces firmes vivotent péniblement. Souvent, elles ferment trois ou quatre ans plus tard. […] Les ressources pompées par ces firmes (argent, créativité, énergie des élus…) auraient pu être plus utiles ailleurs, pour créer de nouvelles activités. » Jean-Marc Vittori