12 novembre 2018

Tout s'explique

Manifestation d’enseignants contre les suppressions de postes

Pourquoi des professeurs se sont-ils mobilisés aujourd’hui ?

Tous les syndicats du personnel de l’Éducation nationale avaient appelé aujourd’hui à la grève et à des rassemblements dans tous les départements pour dénoncer des suppressions de postes. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 11,3 % des enseignants ont suivi l’appel à la grève. La mobilisation intervient à la veille de l’examen par l’Assemblée nationale de la mission « Enseignement scolaire » du projet de loi de finances pour 2019, qui prévoit la suppression de 1 800 emplois. Dans le détail, 2 650 postes sont supprimés dans les collèges et les lycées publics, 550 dans le privé et 400 dans l’administration, tandis que 1 800 postes sont créés dans le primaire. Selon les syndicats, la réduction d’effectif va entraîner la dégradation des « conditions d’apprentissage pour les élèves et de travail des personnels », alors que le nombre d’élèves dans les collèges et lycées doit augmenter de 40 000 pour chaque rentrée entre 2019 et 2021, selon le ministère de l’Éducation nationale.

Comment le gouvernement compte-t-il faire évoluer l’effectif des fonctionnaires ?

Dans son programme pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré vouloir supprimer 50 000 postes dans la fonction publique d’État au cours du quinquennat, en comptant notamment sur les départs à la retraite. En 2018, la réduction a été limitée à 324 postes, sur un total de près de 2 millions d’emplois. Pour 2019, le projet de loi de finances prévoit une suppression nette de 1 571 postes. Dans le détail, 5 694 postes doivent être supprimés, principalement au ministère de l’Action et des Comptes publics et au sein de l’Éducation nationale, d’où les revendications des syndicats du personnel qui dénoncent la « fin de la priorité » accordée à leur secteur. Dans le même temps, 4 123 postes doivent être créés principalement au bénéfice des effectifs des ministères de l’Intérieur et de la Justice.

Qu’a mis en place Jean-Michel Blanquer depuis son arrivée au gouvernement ?

Depuis son arrivée au poste de ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a mis en place le dédoublement des classes de CP dans les zones défavorisées et dans 75 % des classes de CE1 des réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+), les secteurs concentrant le plus de difficultés. Au total, 190 000 élèves bénéficient de ces dédoublements, avec un effectif maximum de 12 élèves par classe. L’an dernier, un décret a permis aux communes de choisir de revenir à la semaine de quatre jours dans les écoles maternelles et primaires. Depuis septembre, les portables sont officiellement interdits au primaire et au collège. Les élèves entrés en seconde seront les premiers à bénéficier de la réforme du baccalauréat, qui s’appliquera pour les épreuves à partir de 2021. Plusieurs mesures s’appliquent dès cette année, comme la mise en place d’une cinquantaine d’heures ayant pour but de faciliter les choix d’orientation.