15 novembre 2018

Tout s'explique

Inauguration d’une ligne à grande vitesse au Maroc

Comment a été mené le projet de ligne TGV marocaine ?

Emmanuel Macron et le roi du Maroc, Mohammed VI, ont inauguré la première ligne à grande vitesse (LGV) d’Afrique, longue de 200 km entre Tanger et Kenitra, dans le nord du pays. Le projet, lancé par le président Nicolas Sarkozy en 2007 et qui inclut quatre nouvelles gares TGV, a représenté un investissement de 2,1 milliards d’euros. Il a été financé pour moitié par la France (via des dons et des prêts de l’Agence française de développement, un organisme dépendant du gouvernement), pour un quart par le Maroc et pour un quart par des prêts d’autres pays. La SNCF a piloté les travaux avec son équivalent marocain, l’ONCF, et de nombreuses autres entreprises françaises y ont participé, notamment Alstom qui a fourni les rames. Avec cette LGV, dont la date de mise en service effective n’est pas encore connue, Tanger sera à 2h10 de Casablanca contre 4h45 jusqu’à présent.

Comment ont évolué les relations commerciales entre la France et le Maroc ?

Depuis 2000, la part des productions françaises dans les importations du Maroc est passée de 24 % en 2000 à 11,9 % en 2017, selon les autorités marocaines. « Depuis 2012, la France est passée au rang de deuxième partenaire commercial (deuxième fournisseur et deuxième client) du Maroc, derrière l’Espagne », explique le ministère français de l’Économie dans une note de septembre. Le Maroc a diversifié ses partenaires commerciaux, se tournant également davantage vers la Chine. À l’inverse, ses exportations vers la France ont augmenté de 70 % entre 2008 et 2017, selon le ministère de l’Économie. La France reste le premier investisseur étranger au Maroc avec 31,4 % des investissements directs étrangers (création de filiale ou investissement dans une entreprise existante), selon le ministère français des Affaires étrangères.

Pourquoi l’immigration est-elle aussi un sujet de cette visite ?

Emmanuel Macron était accompagné des ministres des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et de l’Intérieur, Christophe Castaner. Depuis ces derniers mois, l’immigration est au centre des discussions entre le Maroc et l’Union européenne. La route passant par le Maroc et l’Espagne est devenue la principale voie migratoire vers l’Europe cette année. Depuis janvier, l’Espagne a enregistré plus de 55 000 arrivées sur ses côtes, contre 28 000 en 2017, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Le Maroc, qui a déclaré avoir stoppé 68 000 tentatives d’immigration clandestine entre janvier et septembre 2018, a appelé l’UE à s’associer à ses « efforts de lutte contre les réseaux de trafic » en Méditerranée. Mi-septembre, l’Union européenne a accordé une aide de 200 millions d’euros pour améliorer la protection sociale et la compétitivité du secteur privé du pays afin de limiter les volontés de départ à l’étranger.