16 novembre 2018

Tout s'explique

Le projet « Montagne d’or » corrigé

Quels sont les changements apportés au projet ?

La Compagnie de la Montagne d’or (CMO), qui projette d’exploiter un gisement aurifère en Guyane, a présenté aujourd’hui une nouvelle mouture de son projet afin de limiter ses répercussions sur l’environnement. Le principal changement concerne l’approvisionnement en énergie de la future mine d’or. La CMO prévoyait la construction d’une ligne à haute tension pour acheminer le courant depuis la ville de Saint-Laurent-du-Maroni, située à 100 km du site, ce qui impliquait de déboiser la forêt amazonienne. Elle propose désormais de construire une centrale électrique fonctionnant principalement à l’énergie solaire et également au gazole. Si elle n’entend pas renoncer à l’utilisation de cyanure pour séparer l’or de la roche, elle envisage de modifier l’installation destinée à stocker les résidus afin d’en renforcer la sécurité.

En quoi consiste ce gisement d’or ?

Deux sociétés sont parties prenantes du projet, le russe Nordgold et le canadien Columbus Gold. Le consortium prévoit de créer une fosse de 2,5 km de long, 400 m de large et 120 m de profondeur moyenne. D’une durée prévue de 12 ans, le projet est soutenu par une partie des élus locaux et par le Medef Guyane, un syndicat patronal. Ses promoteurs estiment qu’il créera 750 emplois directs et 3 000 emplois indirects. Il est combattu par un groupement d’associations environnementales. S’appuyant sur une étude indépendante commandée au cabinet d’études Deloitte, rendue publique le 9 novembre, l’association WWF estime qu’il se traduirait par un « désastre écologique », notamment pour la biodiversité. L’association estime également que les effets d’entraînement prévus sur l’économie locale sont surévalués.

Quel est le processus de décision ?

Un débat organisé par la Commission nationale du débat public, après la saisine d’une association environnementale, s’est tenu en Guyane du 7 mars au 7 juillet. Cette autorité administrative indépendante a pour mission d’informer les citoyens et de faire en sorte que leur point de vue soit pris en compte. Le débat a « mis en évidence la profondeur de la fracture que celui-ci provoque au sein de la société guyanaise et l’existence de forces d’opposition particulièrement déterminées », note la Commission dans son compte rendu publié en septembre. Sur la base de ce rapport, le gouvernement a demandé à la CMO de revoir les modalités du projet, avant de rendre sa décision. Emmanuel Macron s’est dit à plusieurs reprises favorable au projet à condition qu’il soit suffisamment respectueux de l’environnement et « qu’il y ait un juste retour pour la Guyane ».