19 novembre 2018

Tout s'explique

Le dirigeant de Renault et Nissan arrêté au Japon

Qu’est-il reproché à Carlos Ghosn ?

Le PDG du groupe automobile Renault, Carlos Ghosn, qui dirige également les conseils d’administration de Nissan et Mitsubishi Motors, a été arrêté aujourd’hui à Tokyo, dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de manipulation de ses déclarations de revenus. Dans un communiqué, Nissan affirme avoir transmis des informations à la justice après avoir reçu un rapport d’un lanceur d’alerte et mené une enquête interne. Selon l’entreprise, Carlos Ghosn a déclaré « pendant de nombreuses années » des revenus inférieurs à ce qu’il avait gagné – le quotidien japonais Asahi Shimbun avance le montant de 44,6 millions de dollars –, de même que le directeur délégué de l’entreprise, Greg Kelly. Nissan impute d’autres « fautes graves » à Carlos Ghosn, comme l’usage personnel d’actifs de la société, et annonce que sa révocation sera proposée au conseil d’administration de l’entreprise. Le cours de l’action Renault a perdu aujourd’hui plus de 8 % à la Bourse de Paris.

Qui est Carlos Ghosn ?

Franco-Libano-Brésilien de 64 ans et ingénieur de formation, Carlos Ghosn a commencé sa carrière chez Michelin, entreprise pour laquelle il a travaillé 18 ans. Il est entré chez Renault en 1996 en tant que directeur adjoint, avant d’en devenir le PDG en 2009. Grâce à une politique de réduction des coûts et à des restructurations, il est parvenu à améliorer la rentabilité de l’entreprise. Il a mené en 1999 le rapprochement entre Renault et Nissan, alors au bord de la faillite, dont il est également devenu PDG, avant de laisser ce poste l’an dernier, pour ne garder que la présidence du conseil d’administration. Carlos Ghosn fait partie des dirigeants les mieux payés de France, avec 13 millions d’euros en 2017, selon le cabinet d’analyse Proxinvest. Reconduit à la tête de Renault en février, il avait accepté, à la demande de l’État qui est l’actionnaire principal du groupe, de réduire de 30 % la rémunération que lui verse le constructeur français.

Que représente l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ?

En 2016, Nissan a racheté 34 % des parts du constructeur automobile japonais Mitsubishi Motors, donnant lieu à la création de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Celle-ci est devenue l’an dernier le premier constructeur automobile mondial, devant les groupes Volkswagen et Toyota. En 2017, l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a vendu plus de 10,6 millions de véhicules légers, dont plus de 660 000 véhicules électriques. Cela a représenté cette année-là une vente de véhicule léger sur neuf dans le monde. Elle a vendu le plus grand nombre de ses véhicules aux États-Unis, en Chine et en France en 2016. L’alliance compte plus de 450 000 employés et 122 sites de production répartis dans le monde.