23 novembre 2018

C'est leur avis

L’exclusion numérique concerne aussi les jeunes

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé le 29 octobre la mise en ligne de nouveaux services publics pour tenir la promesse de 100 % de démarches en ligne en 2022. Dans une tribune publiée dans Libération, Rachid Zerrouki, enseignant en Segpa à Marseille (auprès d’élèves présentant des difficultés scolaires) met en garde contre les risques d’exclusion sociale, y compris chez les plus jeunes.

« Comme en témoigne ce terme englobant de digital natives, on continue de faire comme si la voix d’une jeunesse tout entière n’était pas sous-représentée sur Internet. Et pendant qu’on façonne un monde de plus en plus connecté dans lequel l’exclusion numérique vous laisse au bord du chemin, vous bâillonne et vous condamne à un rôle d’observateur invisible et inaudible, c’est toute une cohorte d’adolescents fragiles, des milieux populaires ou ruraux, qu’on condamne à rester des “digital immigrants”. L’“illectronisme”, cet illettrisme du numérique, ne se contente pas d’être un obstacle empêchant la participation à la vie démocratique. À l’heure où le gouvernement envisage des services publics totalement dématérialisés en 2022, il est la promesse d’une exclusion sociale pure et simple. » Rachid Zerrouki