27 novembre 2018

Tout s'explique

Le gouvernement présente son plan pour l’énergie

Qu’a annoncé Emmanuel Macron en réponse au mouvement des « Gilets jaunes » ?

En réponse aux revendications du mouvement des « Gilets jaunes », qui dénonce la hausse des taxes sur les carburants, le président de la République a proposé aujourd’hui de définir un nouveau mécanisme pour atténuer la hausse des prix à la pompe en cas de flambée des cours du baril. Ses contours doivent être discutés au cours de la deuxième lecture au Parlement du projet de loi finances pour 2019. Le gouvernement souhaite pouvoir demander tous les trimestres au Parlement d’ajuster le niveau des taxes sur les carburants. Actuellement, le montant de la principale d’entre elles, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), est déterminé chaque année par la loi de finances et peut être majoré localement par les régions. Emmanuel Macron a également annoncé le lancement d’une concertation de trois mois sur la transition écologique, à laquelle pourront être associés des représentants des « Gilets jaunes ».

Qu’est-ce que la programmation pluriannuelle énergie ?

Emmanuel Macron a fait ces annonces lors de la présentation, au côté du ministre de la Transition écologique, François de Rugy, de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Celle-ci synthétise les objectifs chiffrés du pays en matière énergétique et les ressources publiques allouées, pour les 10 prochaines années. La PPE a été instaurée par la loi de transition énergétique, votée en 2015, et vise à remplir son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Sa révision a été fixée à 2018, puis tous les cinq ans. Celle-ci a fait l’objet d’un débat public lancé en mars, qui a donné lieu à la publication d’un compte rendu en août. Elle doit désormais être soumise à plusieurs instances consultatives, comme le Conseil supérieur de l’énergie et le Conseil national de la transition écologique, avant de faire l’objet d’un décret au cours du deuxième trimestre 2019.

Que prévoit-elle concernant le nucléaire ?

La loi sur la transition énergétique de 2015 avait fixé l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité en France à 50 % d’ici 2025, contre 72 % en 2017 selon RTE, le réseau public de transport d’électricité haute tension. Cet objectif a été abandonné en novembre 2017 par l’ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, expliquant qu’il ne pourrait être atteint qu’en recourant à des énergies fossiles « au détriment de nos objectifs climatiques ». La PPE présentée aujourd’hui prévoit désormais d’y parvenir en 2035. Cela impliquera la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, en comptant sur la fermeture début 2020 des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, et sur celle de quatre à six autres réacteurs d’ici 2030. Pour compenser, la PPE prévoit de doubler d’ici 2028 les capacités de production d’électricité renouvelable, qui représentent actuellement 17 % de la production selon RTE.