3 décembre 2018

Tout s'explique

Violences lors des manifestations des « Gilets jaunes »

Quel est le bilan des violences des manifestations de samedi ?

Samedi a eu lieu la troisième manifestation organisée dans le cadre du mouvement des « Gilets jaunes ». 136 000 personnes y ont participé, contre 166 000 le 24 novembre et 282 000 le 17 novembre, selon le ministère de l’Intérieur. Ces rassemblements ont donné lieu à des violences et des dégradations, en particulier à Paris : 263 personnes ont été blessées, dont 81 membres des forces de l’ordre, d’après le ministère de l’Intérieur. L’Arc de triomphe a été tagué et son musée saccagé, des voitures ont été brûlées et des magasins pillés. 630 personnes ont été placées en garde à vue en France, dont 57 devaient être présentées aujourd'hui en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Paris. En réaction, le Premier ministre a rencontré aujourd’hui les représentants des partis présents au Parlement et s’est dit prêt à recevoir demain un collectif de « Gilets jaunes ».

Quel est le profil des auteurs de ces violences ?

Parmi les personnes interpellées dans la capitale se trouvaient « beaucoup d’hommes majeurs » âgés « de 30 à 40 ans, venant souvent de province, insérés socialement », venus pour « en découdre avec les forces de l’ordre », a déclaré hier le procureur de la République de Paris, Rémi Heitz. Les personnes arrêtées en deuxième partie de journée étaient toutefois « plus jeunes » et venaient de région parisienne, motivées par « une délinquance d’opportunité ». Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a précisé hier que des membres « de groupuscules d’extrémistes d’ultra-droite ou d’ultra-gauche » avaient pris part aux violences, mais qu’« un très grand nombre de manifestants portant un gilet jaune », par « désinhibition » ou « effet d’entraînement » se sont aussi livrés « à des violences injustifiables ».

Quelles sont les revendications des « Gilets jaunes » ?

Le mouvement des « Gilets jaunes » a été lancé en novembre en réaction à la hausse des taxes sur les carburants. Ses revendications se sont depuis élargies. Des participants au mouvement ont élaboré des documents les synthétisant. L’un d’entre eux, reprenant 42 revendications, a été envoyé la semaine dernière à plusieurs députés et médias. Parmi celles-ci se trouvent des demandes sociales, comme la hausse du Smic et un montant minimum pour les retraites, ou fiscales, comme la mise en place d’un « impôt sur le revenu plus progressif », ainsi que des demandes concernant la mobilité et l’écologie, avec la « fin de la fermeture des petites lignes » ferroviaires ou la mise en place de « taxes sur le fuel maritime et le kérosène ». Dans une autre liste à laquelle LCI a eu accès et publiée sur son site figurent également le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune supprimé par Emmanuel Macron, la « diminution de l’assistanat » et l’interdiction du glyphosate.