7 décembre 2018

Tout s'explique

Les manifestations lycéennes perturbées par des violences

Quelles sont les réactions à l’arrestation d’adolescents à Mantes-la-Jolie ?

Une vidéo diffusée hier sur les réseaux sociaux montre des dizaines d’adolescents arrêtés par la police, agenouillés, les mains sur la tête, à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Une personne déclare : « Voilà une classe qui se tient sage » (voir la vidéo). Environ 150 personnes ont été interpellées hier dans cette ville, après l’incendie de plusieurs véhicules et des affrontements avec la police. « La réaction des policiers a été proportionnée », a déclaré aujourd’hui à RTL le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot. Il trouve toutefois « lamentable » que la scène ait été filmée et diffusée et a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative pour connaître l’auteur de la vidéo. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a déclaré aujourd’hui avoir ouvert une enquête sur les conditions de ces interpellations.

Quelles sont les revendications des lycéens qui manifestent ?

Environ 400 lycées étaient perturbés aujourd’hui, dont 84 totalement bloqués, selon le ministère de l’Éducation nationale, lors de la cinquième journée de mobilisation collégienne et lycéenne depuis le début de la semaine, lancée à l’appel du Syndicat général des lycéens (SGL) et de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL). Les deux syndicats réclament l’abandon des réformes du lycée et du bac, ainsi que de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, adoptée en février, qui a donné lieu à la mise en place de la plateforme Parcoursup pour choisir son parcours post-bac. La FIDL demande la démission du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, ainsi que l’abandon du service national universel, combinant pendant un mois vie en collectivité et mission d’intérêt général. Le SGL réclame l’augmentation des bourses lycéennes et étudiantes.

En quoi consistent les réformes du bac et du lycée ?

Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a présenté en février la réforme du baccalauréat général et technologique ainsi que celle du lycée, dont les décrets d’application ont été signés en juillet. Un nouveau diplôme du baccalauréat doit être créé en 2021. Il prévoit, pour la filière générale, la suppression des séries ES, L et S au profit d’un tronc commun (français, philosophie, histoire-géographie, deux langues vivantes, sport et une nouvelle matière, « humanités numériques et scientifiques »). Les élèves devront aussi choisir trois spécialités en première, deux en terminale, comme les mathématiques ou les arts. En plus de l’épreuve orale et écrite de français en première, le bac comprendra trois épreuves écrites (philosophie et deux spécialités) et un oral sur un projet personnel. Une évaluation en contrôle continu comptera pour 40 % de la note finale.