10 décembre 2018

Tout s'explique

Adoption du Pacte mondial sur les migrations

Que contient le Pacte mondial sur les migrations ?

Le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » a été adopté aujourd’hui lors de l’ouverture de la conférence sur les migrations organisée jusqu’à demain par les Nations unies à Marrakech, au Maroc. Le pacte vise à renforcer la coordination et la coopération internationales en matière de migrations. Il énonce plusieurs principes et engagements, qui ne sont pas juridiquement contraignants, comme « l’accès des migrants aux services de base » et la lutte contre « les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine ». Il doit faire l’objet d’un vote de ratification de l’Assemblée générale de l’ONU le 19 décembre. Ce document résulte des engagements pris dans le cadre de la Déclaration de New York sur les réfugiés et les migrants, adoptée à l’unanimité en 2016, qui réaffirmait l’engagement des États membres à « protéger pleinement les droits fondamentaux de tous les réfugiés et migrants ».

Pourquoi plusieurs pays ont-ils refusé de le ratifier ?

Sur les 193 États membres de l’ONU, seuls 159 avaient envoyé aujourd’hui des représentants à Marrakech. Le Pacte mondial sur les migrations a été l’objet de critiques émanant de plusieurs pays, en premier lieu de la part des États-Unis. En décembre 2017, ils se sont retirés de la Déclaration de New York, arguant que celle-ci comprenait des dispositions « incompatibles avec les politiques américaines d’immigration » et qu’elle n’était « pas compatible avec la souveraineté américaine ». La souveraineté des États en matière de migration est pourtant rappelée dans les principes du pacte. Depuis le retrait des États-Unis, une dizaine de pays ont déclaré qu’ils ne le soutenaient plus, comme l’Australie, l’Autriche, la Hongrie ou la République tchèque, principalement par crainte pour leur souveraineté ou pour des raisons de sécurité.

Quelle crise a-t-il déclenchée en Belgique ?

Opposé à l’adoption du Pacte mondial sur les migrations, cinq ministres et secrétaires d’État membres du parti nationaliste flamand N-VA ont donné hier leurs démissions au Premier ministre belge, Charles Michel, qui les a acceptées avant de se rendre à Marrakech aujourd’hui. Celui-ci se trouve désormais à la tête d’un gouvernement qui ne dispose plus d’une majorité à la Chambre des représentants, avec 52 députés sur 150 sièges, cinq mois avant les prochaines élections législatives prévues fin mai. La N-VA n’a commencé à s’opposer publiquement au pacte que cet automne. Plus des deux tiers des élus de la Chambre des représentants belge ont approuvé jeudi un amendement demandant au gouvernement d’adopter le texte.